RUPTURE IMMINENTE ENTRE LA FRANCE
recours au roi, jmr l'entremise du comte de Samt- Albans,mais toutes ses démarches furent inutiles, et les mauvais traitements continuèrent, comme on le voit par la lettre qu'il écrivait à Mazarin, le -ijuillet: «. Le secrétaire d'Etat m'a bien donné ce soir un passeport, mais non pas un vaisseau pour mon passage ; ce qui ne me surprend pas après l'aigreur que l'on m'a témoignée ces derniers jours. Mon secrétaire ne m'est point aussi rendu, bien qu'il m'eût été promis. » Plusieurs des membres du conseil d'Angleterre craignaient les suites de cette affaire, et retardèrent jusqu'au 6 juillet le départ de l'ambassadeur de France. «J'ai été retenu jusques à présent, écrivait le président de Bordeaux à cette date', par ceux qui, souhaitant de prévenir la mésintelligence entre les deux royaumes, faisaient tout devoir pour changer la résolution prise à mon égard. Ils étaient même hier dans une entière confiance d'y réussir, et l'affaire fut fort agitée dans le Conseil, dont les principaux ministres étaient d'avis de satisfaire la France. Néanmoins, ce soir, le roi a décidé la question, et je partirai sans remise demain pour me rendre au plus tôt en France". »
Une rupture entre les deux royaumes semblait
* Affaires étrangère?, Angleterre, t. 71, f" 3-21.
2 On trouve un récit, signé par Bordt'aux, dos causes de son départ d'Angleterre dans la Correspondance d'Angleterre, ibid., i"- 339-oil. Nani parle, dans ses lettres du 24 juin et du 27 juillet 1(>G0 (Bibl. nat., Ftiza 125, f'^ 116 et 15i), de l'émotion ({ue causa, à la cour de France, la conduite de Charles 11.