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ET L'ANGLETERRE

imminente; elle eût entraîné des dangers sérieux pour Charles II, qui était loin d'être affermi sur le trône. Il savait que le parti républicain s'agitait et conspirait, et que, s'il entrait en lutte avec la France, il ne pourrait compter sur l'appui de l'Espagne qu'en lui rendant la Jamaïque et Dunkerque ; mais il aurait blessé le sentiment national par l'abandon de ces deux conquêtes d'Olivier Cromwell, et donné de nouvelles forces à ses ennemis. Il chercha à ménager une réconciliation entre la France et l'Angleterre en envoyant à Paris un secrétaire de son cabinet', (jui devait être bientôt suivi par le milord Craft, chargé d'informer officiellement Louis XIV des changements survenus en Angleterre. Le secrétaire s'adressa à Henriette de France, afin qu'elle exposât et fit agréer à Louis XIV les motifs qui avaient décidé Charles II à renvoyer le président de Bordeaux. L'abbé de Montaigu fut chargé de transmettre ces explications à Mazarin ; elles furent assez mal reçues, à en juger par la réponse que fit le cardinal à l'abbé de Montaigu. « Sacrifier, lui écrivait-il % la réputation du roi, mon maître, qu'on offense de gaieté de cœur, après avoir fait })araître,par tant de moyens, la part qu'il voulait prendre aux avantages du roi d'Angleterre, je ne croirais pas que sa mère même le voulût ainsi. Je

* Affaires étrangères, France et Pays étrangers, t. 412, f» 21 v°.

2 Affaires étrangères, France, t. 284, f" 411 et suiv. Cette lettre est datée du 3 juillet 1660, et de la ville de Melle, où Mazarin passa en revenant de Saint-Jean de Luz.

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