CHARLES II AVEC UNE NIÈCE DE MAZARIN
s'il n'en avait eu que douze ; que, de la laçon dont ils s'y étaient pris, ils avaient fait son mariage, à leur compte à Paris, et puis qu'ils le lui envoyaient proposerici; que, par un tel procédé, il voyait bien qu'il ne vous aurait pas donné grande estime de lui. » C'était une nièce de Mazarin, Hortense >'ancini, que la reine mère et l'abbé de Montaigu avaient voulu faire épouser au roi d'Angleterre. Ils espéraient ainsi obtenir une dot considérable et un appui pour leur cabale. Gomme ce projet de mariage, qui déplaisait à Charles II, auraitpu l'éloigner de l'alliance française, Mazarin recommanda à Ruvigny et à Bartet de faire cesser ces bruits et de déclarer que le cardinal n'aspirait pas à l'honneur de cette alliance.
Dès le 13 octobre 1660, Mazarin repoussait ce projet de mariage^ « Le roi y trouverait, disait-il, et moi aussi, un désavantage à quoi on ne songe point, qui est que les services, que je prétends lui rendre toute ma vie, paraîtraient intéressés, et me rendraient plus retenu à en faire mes très humbles supplications au roi (de France). » Malgré ces déclarations , les bruits du mariage de Charles II avec Hortense Mancini persistaient. Mazarin s'efforça d'y mettre un terme, par une déclaration encore plus formelle. Il y soutenait qu'il n'avait jamais prêté l'oreille à ce projet d'union, malgré les instances des conseillers de la reine d'Angleterre, Montaigu et
1 .Maz: l'iii à Ruvigiiv. Aff. étr., Angleterre, t. 74, f° 373.
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Jermyn. Les détails qu'il donne sont très précis, et la dépêche mérite d'être citée. « Vous vous souviendrez, écrivait-il à Monlaigu, le 17 novembre 16G0', qu'étant venu à ma rencontre avec M. le comte de Sainl-Albans (lord Jermyn), à mon retour de Saint- Jean de Luz, je reconnus que vous aviez, tous deux, ordre de me faire quelques propositions sur ce mariage , et que je vous parlai dans les termes que je devais pour vous en empêcher, vous déclarant que j'étais tellement porté à servir de toute ma force au rétablissement du roi d'Angleterre, comme je l'avais déjà dit à don Louis de Haro, qui en avait informé Sa Majesté même, que je n'avais [pas] besoin d'autre aiguillon pour cela, et bien moins de ceux qui pourraient regarder mon intérêt particulier, ne voulant pas qu'on put attribuer à cet intérêt ce que je voulais faire par l'inclination que j'y avais toujours eue, et parce que le roi, mon maître, le souhaitait ainsi, et parce qu'il était juste que tous les rois s'intéressassent dans la cause de Sa Majesté britannique"'.
y> Vous vous souviendrez aussi, que, dans le voyage que vous fîtes après, en Provence, avec le même comte, de la part du roi et de la reine de la Grande- Bretagne, vous me pariâtes, tous deux, à fond dudit
* Affaires élrangères, Angleterre, t. Il, f^"' 460 et suiv.
- D'après ce passage, Mazariii aurait montré, pour la cause de i^liarles II, un zèle qui semble démenti par sa correspondance avec Turenne. Voy. ci-dessus, p. 290 et suivantes.