CONSEILS DONNÉS PAU MAZAUIN
adoucir la rigueur de sa condition. Étant sur les lieux, le temps, les occasions, l'humeur du vainqueur, la qualité de la victoire vous conseilleront ce ({iTil faudra faire mieux que je ne vous le saurais dire... Quant au roi de Suède, vous ne laisserez pas de lui témoigner que le roi prend toute la part à ses glorieux succès, qu'il doit attendi'e d'un bon allié et parfait ami; qu'il lui en souhaite la sûreté et l'affermissement ; mais que Sa Majesté croit que cette sûreté et cet affermissement se trouveront bien mieux dans certaines bornes, où il pourra se restreindre que dans le cours étendu d'entreprises fort vastes, qui excitent des jalousies et font naître des traverses, qui les interrompent quelquefois; qu'en un mot rien n'assure tant la victoire et les conquêtes que la paix et les accommodements doux et raisonnables; que, dans la guerre, tout est plein d'incertitudes, non seulement inespérées, mais contraires aux apparences; qu'il ne faudrait pas avoir vécu longtemps ni avoir aucune teinture de l'histoire pour ignorer ces vérités; que ce que vous en dites, c'est })ar un zèle que vous avez pour sa prospérité et pour sa gloire; ce qui n'est pas en vous une nouvelle passion. »
Ces sages conseils, que Mazaini répète, dans plusieurs dépèches ^ ne purent arrêter Charles-Gustave. Ce prince avait la bravoure de son oncle Gustave-
^ Voyez, entre autres, une dépèche du 10 décembre 1055 (Aff. étr., SL'KDE,t. 29, f" -iU).