ET DU PRINCE THOMAS (I65G). U
arrêtées depuis longtemps dans sa pensée, et il finit par les faire accepter parle Protecteur.
A côté de cette affaire principale, véritable centre de la politique française à cette époque, se placent quelques événements de moindre importance, mais que l'histoire ne doit pas oublier. Le garde des sceaux, Mathieu Mole, était mort, dès le commencement de cette année (3 janvier 1656). Ses actions, que nous avons rappelées, le peignent mieux que toutes les paroles. Il eut au plus haut degré le courage civil, et Retz a parfaitement saisi le trait dominant de son caractère, en célébrant son intrépidité. Jamais les menaces d'une populace furieuse n'intimidèrent ce grand magistrat ^ Avec la cour, il se montra moins énergique; il prononçait, il est vrai, des harangues pleines de fermeté ; mais il ne dédaignait pas les faveurs du pouvoir et connaissait les ménagements de la politique. Après sa mort, les sceaux furent rendus au chancelier Séguier.
Le prince Thomas de Savoie-Carignan, serviteur dévoué de la reine-, mais général malheureux % mourut peu de temps après Mathieu Mole. Son lils, Eugène de Savoie, pour lequel on fit revivre le titre de comte de Soissons, épousa, comme nous l'avons
* Voyez tome I de VHistoire de France sous le ministère de Mazarin, p. 81.
^ Ibidem, p. 47.
3 11 avait échoué, en IGIG, au siège d'Oi'biteilo, et avait été forcé de lever, en 1G55, le siège de Pavie.