S5^ MAZARIN INTERVIENT DE NOUVEAU
Ces projels étaient, pour la plupart, tellement chimériques et extravagants que l'on serait tenté de n'y voir qu'une satire de l'ambition suédoise; maisquantà la conquête du Danemark et de la Norvègepar la Suède, elle n'était j)as impossible; on avait déjà vu les États Scandinaves soumis à un même souverain. La république des Provinces-Unies craignit que les Suédois ne parvinssent à dominer complètement sur la Baltique. Elle envoya t'amiral Opdam, ai la tète d'une flotte de trente-cinq vaisseaux, pour délivrer Copenhague. Les Suédois livrèrent bataille à la flotte hollandaise et furent vaincus dans le détroit du SiHid ; ils furent alors forcés de lever le siège de Copenhague, et leur position devint fort critique. Les entreprises téméraires de Charles-Gustave avaient provoqué une nouvelle coalition et éloigné ses alliés. L'Angleterre lui refusait son appui, pendant que le Danemark, la Pologne, la Moscovie et le Brandebourg s'unissaient à la Hollande pour se venr ger du roi de Suède. Léopold, qui avait été élu empereur au mois de juillet 1658, excitait les coalisés et leur envoyait des secours.
Mazarin était alors à Lyon, tout occupé de négociations secrètes avec l'Espagne'; il ne crut pas cependant devoir abandonner Charles-Gustave, malgré les fautes qu'on pouvait justement reprocher à ce prince. Il adressa au président de Bordeaux^
' Ci-dessus, p. 205 et sulv.