ÉG0CIAT10^:> DE MAZARIN
bourg. Il avait à ménager les intérêts de ces troispuissances, alliées de la France. En effet, touten soutenant la Suède, Mazarin ne voulait pas s'aliéner la Pologne. La reine de ce pays, Mariede Gonzague, était une Française. C'était le cardinal qui avait conclu son mariage avec Wladislas YII', roi de Pologne, et il avait même avancé l'argent de sa dot, comme il le rappelle, dans une dépèche que nous citons plus loin. D'ailleurs, la Pologne était un pays fécond en guerriers, et ce peuple belliqueux devait encore ^ vers la fin du dix-septième siècle, sauver Vienne menacée par les Turcs. Mais l'anarchie entretenue par la turbulence de l'aristocratie polonaise, l'incertitude des traités avec un royaume où était établi le principe électif de la royauté, l'influence que la politique autrichienne exerçait à Varsovie, tout contribuait à rendre l'alliance polonaise moins précieuse pour la France que celle de la Suède. La reine de Pologne, Marie de Gonzague, se plaignait vivement de la partialité de Mazarin pour Charles-Gustave.
L'ambassadeur français, de Lumbres, eut peine,. au milieu des luttes et des compétitions, à conserver l'autorité nécessaire à un médiateur. iVttaqué par les divers partis, il s'en plaignait à Mazarin, qui lui répondait, le 8 septembre 1G59- : « Vous ne devez pas vous mettre en peine des soupçons que les uns et les
i Voy. VHistoire de France pendant la minorité de Louis XI]\ t. II, p. 110 et suiv.
^ Allaires étrangères, France, t. 283, f"' IIG.