‹ Les Français d'aujoud'huiChapitre 192 sur 229 · NÉGOCIATIONS DE MaZAUIN · texte numérisé non relu

NÉGOCIATIONS DE MaZAUIN

Mazarin se préoccupait d'autant plus des dispositions de Marie de Gonzague, que Ton prévoyait l'ouverture prochaine de la succession de Pologne. Jean-Casimir Wasa, qui avait été destiné à l'Eglise et avait même obtenu la dignité de cardinal, avait montré peu de goût et de capacité pour le gouvernement d'un royaume aussi turbulent f{ue la Pologne. La reine Marie de Gonzague, plus ambitieuse etplus énergique que lui, se laissaitcirconvenir par lesagents autrichiens, dont le plus habile était le baron de l'Isola. La faction autrichienne voulait faire nommer roi de Pologne un frère de l'empereur, lorsque le trône serait vacant. Mazarin signalait ce danger, dans la même dépèche : « Je vous dirai en gros, écrivait-il à Silhon, afm que vous vous en serviez, si vous le jugez ainsi à propos, avec la personne confidente de la reine de Pologne, que, quoique l'on ait parlé de donner un prince français pour successeur au roi son mari, à présent régnant, et de faire en même temps une alliance avec une des filles de la princesse palatine', qui ont l'honneur

^ Anne de Gonzague, sœur de la reine de Pologne, Marie de Gonzague, avait eu trois filles de son mariage avec Edouard de IJavière, prince 'palatin, l/aînée, Anne de Davière, épousa le duc d'Enghien, fils unique du princedeCondé. C'était probablement pour le duc d'Engliien (jue l'on devait solliciter la succession au trône de Pologne. Nani dit, dans une dépèche du 3 août 1660 (Bihl. nat. , Filza 1:25, i° 160), qu'il était question du piince de Condé luimême pour remplacer le roi de Pologne; le cardinal, ajoute Nani, n'aurait pas été fâché de l'éloigner de France, sous un prétexte hoiiorahle (speciosamente).

AVEC LA POLOGNE (16(i0). 373

d'être nièces de ladite reine, et d'envoyer même pour faciliter la chose une somme de deux cent [mille] écus en Pologne pour être distribuée par ordre de ladite reine; avec tout cela*, le roi (de France) sera fort content, pourvu que cette succession ne tombe pas à un pi'ince de la maison d'Autriche; h quoi la Pologne et la reine ont plus d'intérêt que nous; car quelque chose qu'on lui put promettre, elle n'en recevra aucun effet par la défiance que la maison d'Autriche aurait toujours d'une princesse, qui ne pourrait pas effacer la qualité d'être née en France. Et même Sa Majesté fera tout ce qui pourra dépendre d'elle à donner de l'argent pour ce que dessus^, pourvu qu'il puisse réussir à la reine de Pologne de faire un successeur à sa satisfaction, quand même ce serait un prince allemand.

» L'encloueureMe cette affaire consiste en ce que l'Isola, qui est, de la part de l'empereur, en Pologne, et d'autres personnes traitent, à ce qu'ils disent, avec la reine de Pologne , de faire tomber la succession au frère de l'empereur, moyennant qu'il épouse la nièce de ladite reine ; et, depuis peu, un jésuite, qui est arrivé à Vienne, s'est adressé au marquis de la Fuente, qui est ambassadeur pour le roi catholique en cette cour-là, pour l'obliger à faire réussir

* Le sens est : le roi de France ne va pas jusqu'à espérer l'élection d'un prince finançais au trône de Pologne j il sera fort content, etc.

- C'est-à-dire pour écarter un prince autrichien.

■* L'obstacle principaL

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