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NÉGOCIATIONS AVEC LA POLOGNE

ce que dessus, ayant assuré, de la part de la reine, que recevant de la satisfaction de ladite alliance, elle promettait qu'il n'y aurait pas la moindre difficulté à assurer la succession à l'archiduc, frère de l'empereur.

ï> Que l'Isola et d'autres aient écrit qu'ils se soient employés pour cela ; que le jésuite soit arrivé à Vienne et ait fait ladite proposition, disant y être venu par ordre de la reine, il n'y a rien de si certain ; mais, dans la grande opinion que j'ai de la sincérité de la reine de Pologne et de son inébranlable affection pour cette couronne, j'eusse pu croire que tous ces gens- là avaient employé son nom sans en avoir le pouvoir, si ce n'était qu'il me semble qu'on doit avoir quelque soupçon, voyant qu'au même temps que l'on presse cette affaire à Vienne, la reine cherche des prétextes pour se plaindre de la France, et que Sa Majesté se veut dégager des paroles qu'elle avait données pour employer son crédit afin que la succession tombât sur un prince français, m'ayant fait écrire depuis peu par MM. deLumbres et Akakia' qu'elle serait obligée h prendre d'autres partis, voyant que le roi faisait difficulté de fournir les sommes qui étaient nécessaires pour le bon succès de l'afi^aire de cette succession, et s'étonnant qu'on ne voulût pas donner, pour un royaume, la somme, qu'on donnait quelquefois en France pour acheter une charge.

* Akakia était attaché à l'ambassade française de Pologne.

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Ainsi vous voyez que, sans faire tort à ladite reine, on peut se défier de ce qui se passe présentement sur le point de la succession [de Pologne], et d'autant plus qu'il est impossible qu'on prétende de l'empereur la somme, qu'on nous demande, pour faire tomber la succession dans la personne de l'archiduc son frère, ledit empereur n'étant pas en état de la fournir, quelque effort qu'il put faire. »

Mazarin montrait encore, dans cette affaire de Pologne , la prévoyance qui caractérise sa politique. On sait, en effet, comment la noblesse polonaise, cédant aux influences hostiles à la France, finit par tomber dans la dépendance des États du nord, de l'Autriche, de la Russie et de la Prusse, et devint enfin la proie de ses puissants voisins. Pour le moment le danger fut conjuré. L'influence française domina dans les conférences d'Oliva, et fit conclure, le 3 mai 1G60, un traité qui rétablissait la paix entre la Pologne et le Brandebourg. Les conditions en étaient équitables. La première cause des guerres entre les deux branches de la maison de Wasa avait •été la succession au trône de Suède : le roi de Pologne, Jean-Casimir, avait disputé cette couronne au neveu de Gustave -Adolphe, Charles- Gustave. Jean-Casimir renonça formellement, par le traité d'Oliva, pour lui et ses successeurs à toute prétention au trône de Suède. La possession de la Livonie avait été aussi un des motifs de la rivalité entre ces deux puissances. Il fut convenu que la partie septentrionale

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de cette province appartiendrait à la Suède, et la partie méridionale, à la Pologne, et que des commissaires seraient nommés de part et d'autre pour déterminer les frontières. La Suède devait rendre à leurs anciens souverains la Prusse polonaise et la Courlande. L'empereur et l'électeur de Brandebourg restituaient, de leur côté, à cette puissance les villes de laPoméranie, qu'ils lui avaient enlevées.

Louis XIV était déclaré garant de tous les articles relatifs à la Suède, à la Pologne et au Brandebourg. Les rois de Suède et de Pologne reconnaissaient formellement, par l'article trenie-sixième du traité d'Oliva', qu'ils avaient sollicité cette garantie de la France. « Il a été convenu, disait cet article, que le très puissant prince Louis XIV, roi très chrétien de France et de Navarre, par les soins duquel l'ouvrage de cette paix a été entrepris et conduit à une heureuse fm, serait prié d'en être garant. Sa Sacrée Majesté très chrétienne, consentant à leurs désirs et à leurs vœux, et souhaitant la perpétuité de cette paix avec autant d'ardeur qu'il en a eu à la procurer, promet en son nom et au nom de ses successeurs, qu'il assurera en la meilleure manière qu'il lui sera possible, et même par les armes, s'il est nécessaire, l'exécution et l'observation perpétuelle des articles de ce traité, et si quelqu'une des parties comprises sous sa garantie les viole, il joindra ses armes et ses forces à celles de la partie lésée. »

* Corp.^ diplomatique, t. VI, 2* partie, p. 305.

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