GARANTI PAR LOL'IS XIV (1G
En résumé, le nord de l'Europe était pacifié : la Suède, en renonçant, comme l'avait toujours conseillé Mazarin, aux vues ambitieuses de Charles-Gustave, conservait son ancienne supériorité sur la Ballique. Le Danemark, la Pologne et le Brandebourg avaient recouvré les positions qu'ils occupaient avant la guerre*. Ainsi Mazarin avait eu la doire d'achever l'œuvre de la pacification du nord de l'Europe, comme celle du sud. Si l'on en croit l'historien Viltorio Siri', Mazarin aurait songé, après avoir rétabli le calme entre les nations chrétiennes, à tourner leurs armes contre les Ottomans. Cette croisade contre l'empire turc aurait été, d'après le même historien, un moyen pour le cardinal de s'élever à la papauté. « 11 y songeait, dit Yittorio Siri, dès l'époque de la paix des Pyrénées, et il voulait s'ouvrir de ce projet à don Louis de Haro; mais, après les premières conférences, il ne trouva pas au ministre espagnol un esprit capable d'écouter de semblables propositions, et il renonça à lui en parler. » La correspondance de
' Le traité de Kardis entre la Pologne et la Moscovie ne fut signé qu'en juillet 1661, plusieurs mois après la mort de Mazarin. Mais les lettres de l'ambassadeur vénitien, Grimani, prouvent que le cardinal avait cherché à contraindre les Moscovites à demander la paix en leur opposant l'union des Polonais et des Suédois (Ribl. nat., Filza 126, f"' 194, 229 et 237). Nous citons, pour celle époque, les lettres de Grimani en même temps que celles de Nani. Venise avait alors, en effet, deux ambassadeurs en France .-Grimani comme ambassadeur ordinaire, et Nani comme ambassadeur extraordinaire.
^Histoire des troubles de la France, manuscrit des Affaires étrangères, t. IH, f" 579. Voy. sur ce manuscrit, l'Appendice IV du tome précédent.