RELATIONS DE LA FRANCE
Mazarin ne confirme pas le récit de l'historien italien. D'ailleurs le caractère du cardinal ne se prêtait pas k cette politique aventureuse et à des projets chimériques. Il avait l'esprit net et précis. Son but, au traité des Pyrénées, avait été d'abaisser la maison d'Autriche et non d'engager l'Europe entière dans une lutte contre la Turquie, pour satisfaire son ambition personnelle. Enfin les relations de Mazarin avec l'empire ottoman, dans les dernières années de son ministère, dénotent une prudence excessive, plutôt qu'un génie aventureux.
Il faut se rappeler quelle était encore, au milieu du dix-septième siècle, la puissance de la Turquie; elle comprenait, outre les anciennes provinces de Thrace, de Macédoine et de Grèce (Roumélie, Saloniki, Grèce et Morée) , la Bulgarie, la Servie, la Bosnie, la Croatie, la Dalmatie, la Moldavie, la Yalachie, et môme une'partie delà Hongrie. Elle avait la suzeraineté de la Transylvanie. L'Asie occidentale jusqu'au Tigre, l'Arménie, une partie de l'Arabie et rÉgyple lui appartenaient. Les États barbaresques, Tripoli, Tunis, Alger, le Maroc reconnaissaient sa suprématie. Mahomet IV, qui régnait depuis 1649, avait pour grand vizir Méhémet Kiuperli, ou Koproli. L'habile gouvernement de ce vizir avait relevé la Turquie ; elle menaçait la Hongrie et assiégeait la Canée, qui appartenait aux Vénitiens.
La France avait fourni depuis longtemps des recours d'argent à Venise. Son ambassadeur, àCon-