ET DE CHRISTINE DE SUEDE
quelque temps dans l'Italie, la Franche -Comté, l'Allemagne et la Hollande, où sa conduite scandaleuse n'est plus digne d'occuper l'histoire*.
La France fut encore distraite, en 1656, des graves événements de la politique, par le voyage delà reine Christine. Après avoir abdiqué, en 1654, elle avait parcouru l'Italie; puis elle vint visiter la France, en 1656 et 1657-, l'étonna par l'étrangeté de sa conduite et l'indigna par le meurtre de Monaldeschi. Mazarin, malgré sa réserve diplomatique, exprimait vivement les sentiments qu'avait inspirés cet assassinat. « Les circonstances de cette action, écrivaitil au représentant de la France en Suède \ la font regarder avec horreur, dans un pays, où l'on n'est pas accoutumé à voir de semblables tragédies... Toute
de Retz a faite de M. du Saussay, de la mauvaise conduite que ledit cardinal a tenue en Italie, et de ce qu'il est parti sans congé de Sa Sainteté, j
^ On peut consulter, si l'on est curieux de suivre les aventures de Retz, les Mémoires de Gui Joly, son confident (p. 139 de l'édition Micliaud et Poujoulat). Je nie bornerai à citer le passage suivant: « On se plaisoit particulièrement à Utrecht, dans une auberge qui avoit pour enseigne : Kleine portje (la petite porte), dont la servante, nommée Annetje, ou Nanon, occupoit une assez bonne place dans le cœur du cardinal (de Retz). »
- Les aventures de la reine Christine en France sont racontées, fort au long, dans les Mémoires de M"'^ de Motteville et de M^^" de Montpensie7\ Voy. aussi les Amb. vénitiens (Bibl. nat.; Filza 119, f" liO), et le Voyage de deux Hollandais à Paris en 1657, Ces aventures ont peu d'intérêt pour l'histoire générale.
^ Affaires étrangères, France, t. 272, f" 316 v". Le représentant de la France en Suède était, à cette époque, le chevalier de Terlon, D'Avaugour était mort en 165G.