J'J6 DERNIERS CONSEILS
sées de l'éternité, donna ses derniers moments de la vie temporelle à l'amour qu'il a toujours eu pour le bien de mon État et pour ma gloire particulière. Et dans ce sentiment, il me laissa plusieurs avis très importants, et entre autres ceux qui suivent, que j'ai recueillis le mieux que j'ai pu. »
Le premier conseil était relatif à l'Eglise et à la distribution des bénéfices ecclésiastiques. Mazariii ne s'était pas toujours montré scrupuleux sur ce point. Il avait accumulé entre ses mains les revenus d'un grand nombre de riches abbayes et avait souvent récompensé les seiMces de ses agents par le don de bénéfices ecclésiastiques. Il recommanda au roi de ne choisir « que des hommes capables, pieux, bien intentionnés pour le service et le repos de l'État, et de veiller sur leur conduite ». Il l'engagea ensuite à bien traiter la noblesse, qu'il devait considérer comme son « bras droit' y>. Quant à la magistrature, tout en émettant l'avis qu'il fallait l'honorer, Mazarin conseilla à Louis XIV de la renfermer dans les bornes de son devoir, qui consistait « à rendre également à tous mes sujets la justice, que je leur ai déposée' ». Le peuple, qui avait porté tout le poids des charges publiques, était l'objet d'une recommandation toute spéciale : « Je devais soulager mon peuple, non seulement sur la taille, mais aussi sur toutes les
' (^e conseil est fort diflerent des pensées que Saint-Simon a prêtées à Mazarin. Voy. le tome précédent, p. 5, note 1. - (7est-à-dire, dont je leur ai confié le dépôt.