‹ Les Français d'aujoud'huiChapitre 206 sur 229 · DE MAZARIN A LOUIS XIV. 39J · texte numérisé non relu

DE MAZARIN A LOUIS XIV. 39J

étroite amitié et union qu'il serait en mon pouvoir et (le rendre communs, autant qu'il serait humainement possible, les intérêts de nos Etats ^ »

Après avoir donné ces derniers conseils à Louis XIV, Mazarin put considérer sa tâche en ce monde comme achevée : il avait formé un prince, -dont il appréciait les grandes qualités; il lui laissait un royaume, où l'autorité, affermie, n'avait plus à <:raindre que ses propres excès ; enfin les efforts incessants des dernières années du cardinal avaient rendu à sa patrie d'adoption la supériorité que la Fronde lui avait enlevée. Résumer l'histoire de ces huit dernières années du ministère de Mazarin est le meilleur moyen de faire apprécier les mérites et les défauts du cardinal. Rappelons d'abord ses qualités et les services qu'il avait rendus.

On sait quelle était la situation de la France à l'époque de la Fronde : déchirée par la guerre civile, ■envahie par l'étranger, en proie à l'ambition des

' Louis XIV a reproduit et développé la plupart des conseils de Mazarin dans les Mémoires composés pour l'éducation de son fils. Seulement, en passant par la bouche du roi, ces maximes devien- •nent plus absolues et plus hautaines. On a reproché à Mazarin d'avoir inculqué à Louis XIV des principes de despotisme. Mais l'histoire impartiale ne doit jug:er les hommes que d'après les idées ile leur temps. Pouvait-on songer, en sortant de la Fionde, à un gouvernement parlementaire? L'essai que les magistrats en avaient lente, au début des troubles, n'avait abouti qu'à la confusion, à l'anarchie, à la guerre civile, à l'abaissement et presque à la ruine du royaume. Si la crainte du désordre jeta la France dans le desl»otisme, ce n'est pas à Mazarin, mais aux troubles de la Fronde, 'ju'il faut l'imputer.

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