III
418 TESTAMENT ET FAMILI.E
ne parut, dans la suite, que trop justifiée, le duc de- Mazarin devint la Table de la cour. Une dévotion ridicule le porta à mutiler les statues antiques, que le cardinal lui avait léguées. 11 finit par se séparer avec éclat d'iiortense Mancini.
Le legs principal, que lui avait fait le cardinal, est évalué approximativement par les contemporains à vingt-quatre ou vingt-cinq millions de monnaie du temps. Il lui laissait, en outre, la moitié de son palais de Paris, le duché de Mayenne, ou du Maine, le duché de Rethelois, et, avec l'autorisation du roi, les gouvernements d'Alsace et de Brouage. Le neveu de Mazarin, Philippe Mancini, lut moins bien traité. Son oncle avait eu à se plaindre de sa conduite et l'avait exilé à Brisach*. Philippe Mancini, vif et spirituel, avait un caractère fantasque et indiscipliné. « Son costume et sa conduite ont toujours déplu au cardinal, )) écrivait Tambassadeur vénitien"-. L'exil et la prison avaient forcé Philippe Mancini à se soumettre^ et son oncle ne l'oublia pas dans son testament. Il lui laissait six cent mille livres en deniers comptants,, son palais de Rome, une partie de son palais de Parisavec le mobilier qui s'y trouvait, les duchés de Nevers et de Donziais, avec leurs dépendances, enfin,, des droits sur les salines de Brouage et sur l'élection deMortagne. Philippe Mancini prit, après la moi'tde
* Voy. ci-dessus, p. '239.
- [.dire du G mai IG50 : •-< Ilavendo sempre dispiacciulo al cardinale coslumi et la coiuloUa del iiii)Ole Mancini, » elc.
DE MAZARIN (Mars 1G61). 419
Mazariiî, le tilre de duc de Nevers, sous lequel il est désigné dans les Mémoires du temps.
La duchesse de Modène, l'aînée des Martinozzi, avait déjà été dolée par son oncle ; elle hérita en outre de quatre cent cinquante mille livres d'argent comptant, de droits sur le sel de Brouage et de rentes sur l'Hôtel-de-Ville de Paris. La princesse de Conti, sœur cadette de la duchesse de Modène, recevait, outre la dot qu'elle avait eue en mariage, un legs de trois cent cinquante mille livres tournois en argent, plus trente mille livres tournois sur les gabelles du Languedoc, avec des droits sur la gabelle de Brouage et des rentes sur l'Hôtel-de-Ville de Paris. La charge de surintendant de la maison de la reine mère, évaluée à deux cent mille livres, appartenait au cardinal, qui la transmit, avec l'autorisation d'Anne d'Autriche, à la princesse de Conti.
Les nièces Mancini ne furent pas moins bien traitées que les Martinozzi. Nous avons déjà vu les donations faites au duc et à la duchesse de Mazarin. La duchesse de Mercœur, l'aînée des Mancini, était morte, laissant deux fils, dont l'aîné fut un grand capitaine du règne de Louis XIV, le duc de Vendôme. Mazarin lui légua le duché d'Auvergne, avec ses dépendances, des domaines en Languedoc, le tiers des aides de Mortagne, et trois cent mille livres en deniers comptants. La comtesse de Soissons (Olympe Mancini) eut, outre la dot que lui avait donnée son oncle, au moment de son mariage, un legs de trois