U APPENDICE J
les écrire; el pour lui, il y est' bien empêché à se divertir avec toutes les dames", que nous avons ici, pour pouvoir prendre un moment pour vous écrire ; sans cela je crois qu'il l'aurait fait. Je voudrais dire bien des choses de vive voix qui ne se peuvent pas écrire; mais il faut avoir patience jusqu'à votre retour que je souhaite de tout mon cœur qu'il soit bientôt, et que cette lettre vous trouve avec aussi peu de douleur que [je] désire que vous en ayez ; c'est tout dire, et je fmis en disant £1^ £lï £lï ^.
Doiixiome leltre.
A Compiègne, ce 5 août 1G58^.
Le gentilhomme, que vous aviés envoyé à Paris, étant de retour, je suis bien aise d'avoir moyen de vous écrire pour vous dire que je suis en grande impatience d'avoir de vos nouvelles; car sachant que vous endurez du mal, je vous avoue que je ne suis pas en grand repos. Le roi n'en a plus aucun, et attend le retour de Lambert pour prendre sa dernière résolution pour son voyage de Paris et de Fontaine-
' Ce mot est surcli;iri,fé et difficile à lire; mais le sens n'est pas douteux : il est trop empêché.... pour pouvoir.
'^ Ce passage prouve encore qu'il s'agit du frère du roi; Louis XIV était convalescent de la dangereuse maladie, dont nous avons parlé.
•'On a déjà vu, et nous venons de rappeler, que ces signes étaient interprétés comme symboles de l'amour d'Anne d'Autriche pour Mazarin.
* Bibl. nat., ibiiL, f" 100.
LETTIIES D'ANNE D'AUiniCllE. '.3t
bleau, de quoi il parle toujours; mais il dit qu'il aime mieux ^ vous attendre ici; pour moi, vous n'en doutés pas, puisque, vous n'étant pas ici, au moins j'aime mieux en être plus près. C'est tout ce qne j'ai à vous dire , parce que le ' gentilhomme n'attend plus qu'après ma lettre, et aussi je n'ai rien à ajouter à la dernière que je vous ai écrite. M. de Fréjus vous mande toutes choses de tons les pays du monde et particulièrement de Provence. Le Confident se recommande fort à vous, sans oublier ^'â (la reine), qui est, comme il faut. ^î^ fj^ i •
Troisième lettre •*.
« A Saintes^, ce 30 juin KJGO.
Votre lettre m'a donné une grande joie. Je ne sais si je serai assés heureuse pour que vous le croies, et que, si j'eusse cru qu'une de mes lettres vous eut autant plu, j'en aurais écrit de bon cœur, et il est vrai que de voiries transports', avec [lesquels] l'on les reçut
* Le manuscrit porte bien : il dit qu'il aime mieux. M. V. Cousin a imprimé : il dit aimer mieux.
^ le est surchargé, mais lisible; M. V. Cousin y a substitué votre entre [ J.
3 Cette lelire a été publiée par M. Walkenaer, t. III, p. 471 et 47'2, des Mémoires touchant la vie et les écrits de M""" de Sévigné.
* La reine revenait de Bayonne, où avait été célébré le mariage du roi. Mazarin s'était séparé de la cour, pour aller à Drouage et à l'île il'Oléron avec le roi.
5 Nous suivons M. V. Cousin. Le texte de M. Walkenaer porte : Den voir tant et des transports, etc.