‹ Les Français d'aujoud'huiChapitre 24 sur 229 · J TRAITÉ DE PARIS · texte numérisé non relu

J TRAITÉ DE PARIS

plutôt jusques au dernier sol de mon argent qu'à

importuner avec mes poursuites. »

Mazarin cite, dans cette lettre, comme une des causes des embarras financiers, qu'on éprouvait, au commencement de la campagne de 1657, la nécessité de payer exactement les auxiliaires étrangers et particulièrement les Anglais, à la solde de la France. Le traité qu'il négociait depuis plusieurs mois', avec Cromwell, venait, en clTet, d'être conclu et imposait à la France de nouvelles chai'ges pécuniaires. L'ambassadeur anglais, Lockhart, après avoir été recevoir à Londres les dernières instructions de Cromwell, était revenu en France, à la fin de janvier 1657. Mazarin chargea de Lionne "" et le secrétaire d'État Brienne ' de poursuivre, avec Lockhart, les négociations pour la conclusion d'une alliance défensive e' offensive entre la France et l'Angleterre. Ce fut seulement dans les derniers jours de mars qu'ils arri >

^ Voy. le chapitre précédent, p. 30 et suivantes.

^ Le pouvoir de Lionne, pour traiter avec Lockhart, porte la dali» du 27 février 1657 et se trouve au f" 13 du tome 69 de la Correspondance d'Angleterre, aux Affaires étrangères.

•'' Le comte de Brienne dit, dans ses Mémoires (p. iôO, édit. M *f chaud et Poujoulat), qu'il y eut trois traités entre la i^'rance et l'An gleterre, auxquels il prit part. Je pense qu'il veut parler de troi. rédactions différentes, que l'on trouve dans le tome 09 de laCorreS' pondunce d'Anylelerre, f" 1 i et suiv. Il ne peut être question, en effet, du traité de Westminster, qui avait été négocié, en Angleterre par le président de Cordeaux et les commissaires de Cromwell. Dij reste, celte dernière partie des Mémoires du comte de Brienne es ; pleine de confusion et d'inexactitude, et on ne doit pas y attacher d'importance.

AVEC L'ANGLETERRE (23 Mars 1657). 53

vôrent à la rédaction définitive du traité de Paris. Les articles, écrits en français et en latin, furent "ignés le 23 mars 1657 ^

Le préambule déclare que toute négociation avec l'Espagne est devenue inutile, ce le conseil d'Espagne ayant assez fait connaître en tout temps, mais principalement en l'année dernière '", par une preuve convaincante, n'avoir autre dessein que de tenir la Chrétienté en trouble, puisqu'il a rejeté des conditions de paix, justes et honnêtes, voire très avantafjeuses à cette monarchie-là. )) C'est dans le but, ajoute le préambule, de contraindre à la paix l'ennemi commun, que les commissaires, désignés par la France et l'Angleterre, sont convenus des conditions suivantes : Dès le mois d'avril 1657, s'il est possible, les deux puissances entreprendront consécutivement, à frais et forces communs , les sièges de Gravelines et de Dunkerque, par terre et par mer La France fournira, pour ces deux entreprises, vingt mille hommes effectifs (infanterie et cavalerie) % et

' La minute française est corrigée de la main de Lionne (particulièrement pour les articles 8 et 9). Elle se trouve au f" 30 du même volume des Affaires étrangères, avec la note suivante : Projet de traité de campagne entre le roy et Olivier Cronucell, en français, sur lequel le traicté en latin a esté composé. M. Guizot a donné le texte de ce traité dans son Histoire de la République d'Angleterre et dii Protectorat d'Olivier Cromwell, t. II, p. 597.

- Voy. ci-dessus, p. 16 et suiv., les négociations de Lionne avec don Louis de Haro, en 1656.

3 La rédaction française n'indique pas le nombre d'hommes à fournir; mais le texte latin (f" 38) porte : Viginti hominum prœsentium inillia, tum peditatùs, cum cquitatùs.

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