TRAITÉ DE PARIS
cet article, que Dunkerqiic, Mardick ou Gravelines, étant remis en son pouvoir, ainsi qu'il est dit ridessus, il laissera toutes choses, en ce qui regarde la religion catholique, au même état qu'il les aura trouvées, et les ecclésiastiques, tant réguliers qu'autres, il les maintiendra dans la jouissance de leurs revenus et en la possession de leurs églises. »
Enfm, par le douzième article, le Protecteur déclarait qu'il ne voulait, à l'avenir, « prendre autre intérêt dans la Flandre que de la possession de la seule place de Dunkerque, et, en attendant qu'elle puisse lui être remise, de Gravelines seule, se réservant seulement de pouvoir faire contribuer le pays ennemi des environs desdites places , sans néanmoins que cette raison des contributions puisse empêcher Sa Majesté très chrétienne, d'attaquer et d'occuper, si elle le juge à propos pour le bien de ses affaires, les postes de Bergues et de Furnes , ni aucune autre place de celles que les ennemis possèdent sur les côtes de la mer, ou dans le pays qui en est proche *. y>
Un article secret" portait que, pendant un an h partir du 23 mars 1657, la France et l'Angleterre s'engageaient à ne conclure ni trêve ni traité avec la
• Dans un article 13, on stipulait la ratification, à bref délai, du traité signé par les commissaires délégués.
-Monglat {Mémoires, p. 320) confond l'article secret du traité de Paris avec celui de "Westminster (voy., tome précédent, p. 392), par lequel les princes de la maison de Stuart étaient Lannis de France, et un certain nombre de Français expulsés d'Angleterre.
AVEC L'ANGLETERRE (23 Mars 1G57). 57
couronne d'Espagne que d'un consentement mutuel. Elles devaient se communiquer toutes les propositions qui pourraient leur être faites par l'Espagne, et si, dans le courant de cette année, le roi de France, pressé par le Pape ou par la république de Venise, consentait à une conférence pour traiter de la paix générale, il aurait soin que le roi catholique fît donner aux plénipotentiaires d'Angleterre des saufconduits, en bonne et honorable forme, pour qu'ils pussent assister à ces négociations.
Telles furent les principales conditions du traité signé, à Paris, le 23 mars, par le comte de Brienne et de Lionne, pour la France, et le colonel Lockhart, pour l'Angleterre. On y annexa un tableau' indiquant la solde, qui serait payée aux auxiliaires anglais pour chaque grade : trente livres tournois par jour, pour le général ; douze livres, pour chaque colonel de régiment; six livres, pour les lieutenants-colonels; cinq livres, pour les majors"-; cinq livres, pour les capitaines; deux livres dix sous, pour les lieutenants ; une livre quinze sous, pour les enseignes; dixsous,pour les sergents; sept sous, pour les caporaux ; cinq sous, pour les simples soldats, auxquels on devait, en outre, fournir le pain. Enfin, le roi promettait d'accorder des pensions au général et aux colonels des troupes anglaises, à proportion des services qu'ils auraient rendus.
* Même volume des Affaires étrangères, f" 15. 2 « Inslructori, vulgo major, » dit le texte latin.
58 DIFFICILIKS QUI S'OPPOSENT
Le traité de Paris fut promptement ratifié par Louis XIV et Gromwell ; mais de nombreuses difficultés en retardèrent l'exécution. On devait assiéger les places maritimes de Gravelines et de Dunkerque, en avril 1657 ; mais l'on ne fut prêt, pour ces sièges, ni en France ni en Angleterre. Les ennemis, stimulés par Condé, avaient, au contraire, commencé la campagne de bonne heure et pris Saint-Guillain, dès le mois de mars J057^ Turenne avait espéré compenser cette perte par une conquête beaucoup plus importante, celle de Cambrai ; il investit celte place, le 'îlS mai; mais le prince de Condé, qui se trouvait à Yalenciennes, força les lignes du camp de Turenne, à la tête de quatre mille cavaliers, et se jeta dans Cambrait Turenne, reconnaissant l'impossibilité de s'emparer de cette ville , leva le siège. Ces deux échecs inauguraient mal la campagne.
En môme temps, la France se trouvait engagée dans une querelle avec les Provinces-Unies , à l'occasion de vaisseaux français capturés par l'amiral hollandais RuyLer. Ce n'était, au dire des Hollandais, que de légitimes représailles pour les actes de piraterie commis par les capitaines de ces vaisseaux. Les Français soutenaient, au contraire, que les deux
* Mémoires de Monglat, p. 319-3:20. Saint-Guillain se rendit le lii mars.
- Mémoires de Turenne, p. 483, et lellre de Ciusliniani du 5 juin 1057 (F<7c(/ 120, foGGj.