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PLAINTES DES ANGLAIS

kerque, qui devait être remise aux Anglais. Il se plaignit vivement au président de Bordeaux de l'inexécution du traité. Mazarin, qui s'était montré peu empressé de satisfaire aux exigences du Protecteur, ne voulait pas rompre avec ces auxiliaires peu commodes, mais nécessaires. Il s'efforça^ dans une dépêche à Bordeaux, dont la minute est en partie de sa main', de repousser les reproches de Gromwell. « 11 n'était pas en notre pouvoir, écrivait-il à l'ambassadeur français, d'empêcher que les ennemis, sur la connaissance ou le soupçon qu'ils peuvent avoir eu de nos desseins, n'aient renforcé les garnisons de leurs places maritimes et pourvu à leur sûreté, en sorte que de les attaquer et s'exposer visiblement à recevoir un affront n'était qu'une même chose. »

Mazarin, mêlant, suivant son usage, les flatteries aux raisonnements, ajoutait : « Le roi estime en un si haut point tout ce qui vient de M. le Protecteur et sait qu'il a tant d'expérience et de lumières dans le fait de la guerre et en toutes choses, que Sa Majesté n'aurait pas de peine à se conformera ses sentiments; quand même il ne s'agirait pas de l'exécution d'un traité, qu'elle veut entretenir religieusement de sa part; mais je ne pense pas que M. le Protecteur eût pu être d'avis que l'on attaquât Gravelines, la meilleure place de l'Europe, munie abondammentde tout et dans laquelle chacun savait que les ennemis

* Affaires étrangères, Angleterre, t. G9, f° 102. Dépêche du 2 juin 1657.

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