RÉPONSE DE MAZARIN
avaient fait entrer, d'extraordinaire ', trois mille cinq cents hommes effectifs, la plus grande partie Espagnols naturels, sans parler du corps que le prince de Ligne avait entre Aire, Saint-Omer et la mer, pour nous disputer le passage du Neuf-Fossé ", el pour se jeter dans la place que nous eussions voulu attaquer, lorsque le passage aurait été forcé. »
Mazarin présentait ensuite le siège de Montmédi, comme un moyen de contraindre les Anglais à retirer une partie de leurs troupes de Gravelines et de Dunkerque, ce le roi ayant fait exprès, ajoutait-il^, assiéger Montmédi dans le Luxembourg, afin d'engager, par toute sorte de moyens, les ennemis à quelque mouvement, qui nous donne jour à pouvoir aller fondre tout à coup sur quelqu'une des places de la mer, à quoi M. de Turenne a ordre de songer préférablement à toute autre chose; et, outre qu'il est fort ponctuel à l'exécution des ordres qu'il reçoit, je vous puis dire que, par son inclination, il est plus porté aux desseins de la mer^ qu'à aucun autre, et sur cela je vous puis dire sincèrementquenous ne souhaitons pas moins que M. le Protecteur de faire des progrès de ce côté-là, ou bien il faudrait que je m'entendisse avec les Espagnols ; car on connaît fort bien qu'ils se croient perdus en Flandre , s'ils perdaient leurs
* Outre la garnison ordinaire.
- Canal de l'Aa à la Lys, que l'armée de Turenne devait franchir pour arriver aux places maritimes.
^ Même dépêche.
* C'est-à-dire au projet d'attaquer les places maritimes.