FAVORABLE AU TRAITÉ
la couronne. Il lui dit qu'il n'avait conclu une ligue avec lui (avec Cromwell) que pour empêcher l'effet de celle que les Espagnols avaient proposée [au Protecteur], par laquelle ils lui offraient de l'aider à prendre Calais, pour la lui laisser entre les mains ; qu'il avait fallu prévenir les conséquences * d'un traité si dangereux, en s'accommodant avec lui; mais que, nonobstant les clauses ^ qui avaient été insérées contre ce prince dans la paix qui avait été conclue, il trouverait toujours le roi dans les mêmes sentiments d'estime et d'amitié pour lui. Il (le duc d'York) doit cette justice à la mémoire du cardinal, d'avouer qu'il aurait été un ministre bien mal habile, s'il n'avait, dans une conjoncture si délicate, engagé Cromwell dans les intérêts de son maître, qui aurait eu lieu d'être fort mécontent de lui, s'il eût laissé échapper une occasion si importante. » Cet aveu du duc d'York est précieux à recueillir et répond à bien des accusations anciennes et modernes contre la politique de Mazarin.
Quant au cardinal, il n'hésita jamais à soutenir l'ulilité du traité qu'il avait conclu avec Cromwell. Il va même, dans une de ses dépêches, jusqu'à déclarer que c'est la seule chose avantageuse qu'il ait faite^. Tout en vantant l'importance de la nouvelle
* L'article secret dont il a été parlé dans le (orne précédent, p. 39-2.
^ Il est inutile d'insister sur l'exagération de la forme que Mazarin donne à sa pensée, dans cette dépèche du 11 janvier 1658,