MENACES DE LOCKHART
places maritimes, et que tous les coups qu'on leur portera, en cet endroit-là, seront mortels et décisifs. »
Ces considérations, développées par Mazarin dans la plupart de ses dépêches, ne purent convaincre le Protecteur, ni son ambassadeur Lockhart. La prise de Saint-Venant leur parut une nouvelle atteinte à l'exécution du traité ; Lockhart parla hautement de le rompre et d'exiger des indemnités de la France. Il éclatait en reproches, disant que son maître ne trompait personne et qu'il prétendait aussi qu'on ne le trompât pas ', et que, si on ne voulait pas entreprendre le siège [de Dunkerque], son maître lui avait commandé de demander le remboursement des frais, que l'on a faits pour l'armement de la flotte, depuis le 1" avril jusques au P"" septembre, à raison de vingt-cinq mille écus par jour, et qu'au cas qu'on lui refusât ce dédommagement , il trouverait bien moyen de se faire justice ^
Ces menaces émurent Mazarin. Il comprit qu'il ne pouvait plus reculer, et se décida à l'attaque immé-
' Voyage de deux Hollandais à Paris, p. 253. Ces deux étrangers de distinction avaient accès dans les ambassades et étaient informés de ce qui s'y disait.
2 L'irritation de l'ambassadeur d'Angleterre était d'autant plus vive, en septembre 1657, qu'un jeune Anglais, qui avait été placé par sa mère sous la protection de Lockhart, pour être élevé dans la religion protestante, lui avait été enlevé par le père, qui était catholique, et mis au collège des Grassins. (Voy. sur cette affaire plusieurs lettres de Colbert, 1. 1, p. 277, "280, 281,282,283,284, 285, du recueil de M. Pierre Clément.)