‹ Les Français d'aujoud'huiChapitre 33 sur 229 · PLAINTES A CETTE OCCASION · texte numérisé non relu

PLAINTES A CETTE OCCASION

qu'on ne peut cacher, et il est étrange que, la guerre s'étant faite près de cent ans*, conjointement avec les Hollandais, la France ait continuellement assisté ceux-ci pour leur faciliter la conquête de tant de places, sans que personne en ait murmuré, et qu'on crie à présent à cause des Anglais, qui n'ont encore rien et qui sont obligés, par un traité, à des conditions avantageuses pour les catholiques, en cas qu'on prît et qu'on leur donnât Dunkerque -, comme il est aisé de voir dans le môme traité, quoique les Espagnols ne se fussent pas trop mis en peine là-dessus, lorsqu'ils sollicitaient l'attaque de Calais avec les Anglais, pour les mettre en possession de la place. » Mazarin n'avait pas seulement à se défendre contre les mécontentsde France. Les Anglais se plaignaient, deleur côté, de ce qu'il n'avait pas encore exécuté les clauses du traité relatives à Dunkerque et à Gravelines.Le cardinal répondait àleurs griefs, en rappelant les motifs qui avaient fait ajourner l'attaque de ces places: l'arrivée tardive des Anglais, et les secours que les Espagnols avaientpu yjeter^. Il insistait, en même temps, sur les efforts faits par la France pour fortifier Mardick. <ï Vous avez appris, écrivait-il au

' Le manuscrit porte bien cent ans; il semble qu'il faudrait bre trente ans.

- J'ai suivi le texte du manuscrit de Daluze, P>. N., papiers des Armoires. M. Pierre Clément a imprimé : en cas qu'on le pust, et on leur donna Dunkerque. L'erreur est évidente : à ceUe époque, Dunkerque n'était pas encore pris.

■* Voy. ci-dessus, p. 62 et suiv.

71 MARDICK EST MIS A L'ADRl

président de Bordeaux, le 24 novembre^, que, par l'application extraordinaire et la diligence avec la- (juelle on a travaillé à la fortification de Mardick, cette place est déjà en état de défense, et M. le Protecteur doit en être satisfait. » Mais il était nécessaire de ne pas s'endormir: les Espagnols étaient décidés à tenter de reprendre ce fort; ils concentraient leurs troupes à Dunkerqne, où étaient arrivés don Juan d'Autriche et Charles Stuart. Il fallait, ajoutait Mazarin, que l'Angleterre, qui était chargée de la défense der Mardick, y envoyât des troupes. « 11 est d'une nécessité absolue, écrivait-il dans la même dépêche, que M. le Protecteur fasse promptement embarquer, sur les vaisseaux qui sont à la rade de Mardick, un de ses vieux régiments, qui soit composé, au moins, de douze à treize cents hommes. » En terminant, il revenait encore sur la bonne foi avec laquelle la France avait procédé à l'exécution du traité. « Le roi l'a tellement à cœur, ajoutait-il, qu'il prétend commencer, par le siège de Dunkerque, la campagne prochaine. »

Grâce aux efforts combinés de la France et de l'Angleterre, toutes les attaques contre Mardick furent repoussées. Le roi y avait envoyé ses mousquetaires, et Mazarin, les gendarmes et les chevauiégers de sa garde -. Le neveu du cardinal, Philippe

* Affaires élrangères, AiVGLETEnni:, t. GD, f" 2 11». - Dépêclie (lui" décembre IG.jT. (Aff. éti-., Angleterre, t. 69, f« -2-2-2.)

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