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MAZ.MUN VEUT FORMER UNE LIGUE

les Espagnols, en 1654. Son principal conseiller, le comle Égon de Fùrstemberg, désirait l'évêché de Strasbourg. Mazarin le savait et lui promettait l'appui de la France. « ïl sera bon, écrivait-il h M. de Gravel^, que vous preniez occasion de lui mander... que je vous ai donné charge de l'assurer, de ma part, qu'il peut faire état de l'assistance du roi. »

L'arclievôque-électeur de Trêves, Charles-Gaspard de Leyen-, inspirait moins de confiance à Mazarin. Cependant M. de Gravel,qui avait été chargé de le sonder, avait rendu un compte favorable de ses intentions. «Je ne doute pas, lui écrivait Mazarin % que l'entrevue, qu'il [l'électeur de Trêves] devait avoir avec l'électeur de Mayence, ne l'affermisse dans les bonnes dispositions qu'il vous a témoignées. » Mazarin promettait, pour le gagner, des présents de vaisselle d'argent, de pierreries, de tapisseries et d'autres meubles ; il ajoutait qu'il donnerait même, s'il était nécessaire, quelque abbaye à l'archevêque de Trêves, ou à ses parents et domestiques *.

Déjà les trois électeurs ecclésiastiques avaient formé, en 1651, une ligue, avec l'évêque de xMunster et le duc de Neubourg, pour la défense de leurs droits, et ils l'avaient renouvelée, en 1654; mais cette coalition ne comprenait que des catholiques. Les princes luthériens, le roi de Suède, en qualité de

1 Affaires élrangèrcs, Fuance, t. 272, f" IGO. - Il était archevêque de Trêves depuis 1()52, et mourut en U)70. •^ Affaires étrangères, ibid.,i" 132. Celte dépêche estdu23 juin IGôT. * Familiers ou officiers de sa maison.

COMPREiNANT LES CATHOLIQUES ET PROTESTANTS. 91

duc de Brème et de Verden, et de seigneur de Wismar, les ducs de Brunswick et de Lûnebourg, et le landgrave de Hesse-Gassel, avaient suivi leur exemple et organisé une union protestante. Mais ces confédérations particulières, qui n'avaient pas su sacrifier leurs antipathies religieuses au besoin de la défense nationale, ne répondaient pas à la pensée qui avait dicté la paix de Westphalie. Mazarin engageait vivement les princes allemands à revenir aux principes de tolérance, proclamés par ce traité. Il n'admettait pas de ligue exclusive, ce Le roi n'y peut entendre, écrivait-il à Servien, le ^"2 juillet '!657\ si le roi de Suède n'y est compris pour les États qu'il possède en Allemagne, comme lui étant adjugés par le traité de Munster. Car si le principal but de cette ligue est la manutention (le maintien) dudit traité, comment la pourrait-on conclure, en abandonnant les intérêts de la Suède? » « On n'a jamais parlé de cette liaison, écrivait-il encore le 15 septembre 1657"', qu'on n'ait proposé premièrement que le roi de Suède, et [l'électeur de] Brandebourg, seraient conviés d'y entrer; que les princes catholiques et protestants y seraient reçus indifféremment et qu'une des principales conditions du traité serait de réparer les contraventions faites à celui de Munster. »

Ce fut sur cette base, plus large et plus solide, que le cardinal s'efforça de fonder la confédération des

* Affaires étrangères, France, t. 291, f"* 356-358. '^Ibidem, France, t. 27'2, f" 200.

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princes allemands, ponr assurer l'exécution et le développement des traités deWestphalie. Telle est la pensée qu'il reproduit, sans cesse, dans ses dépêches. AHn de surveiller les négociations, il conduisit, ainsi que nous l'avons dit, Louis XIV à Metz '. Il attribuait, sans cesse, comme il était convenable, la pensée de ce voyage au prince lui-môme. « Sa Majesté, disait-il-, est résolue de se trouver à Metz, avant la convocation de la diète [de Francfort], et d'avoir alors une armée considérable sur la IVontière d'Allemagne, pour échaufTer davantage ses amis et donner de la crainte aux autres. »

Outre les trois électeurs ecclésiastiques deMayence, Cologne et Trêves, sur lesquels Mazarin croyait pouvoir compter % il espérait gagner l'électeur de Brandebourg '' et le comte palatin du Rhin. « Je

' Voy. ci-dessus, p. St.

- Aflaii-es étrangères, France, t. 272, f° 135.

3 L'ambassadeur vénitien, Giustiniani, confirme ce que nous venons de dire de Ja confiance qu'avait la cour de France dans les électeurs ecclésiastiques {Filza 120, f" 14G v").

•5 Frédéric-Guillaume, né en 1620, éleclour en 1640, mort en 1G80. Frédéric-Guillaume |)rotestait de son zèle pour la France dans la lettre suivante adressée à Mazarin, à l'occasion de la mort de Ferdinand 111 (Aff. étr., Prusse, supplément, t. I) : « En ces occurrences que la mort de l'empereur fournit, j'ai trouvé nécessaire, pour l'avancement des intérêts publics, d'entretenir une correspondance plus étroite avec la couronne de France, laquelle, comme j'espère, ne sera point désagréable à Sa Majesté ni aussi à Votre Émincnce. A cet cil'et, j'ai donné ordre au sieur de Brand, mon gentilliomme de chambre, pour s'adressera celui qui en sera ordonné par vous, afin d'en recevoir vos sentiments, et tout ce qui pourra servir à cette intention. Ledit sieur Brand proposera

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