DES PRINCES ALLEMANDS
possédée à présent par les Suédois, et je crois qu'on lui fait espérer encore de le faire rentrer dans la partie de la Poméranie, qu'il céda à la couronne de Suède, par le traité de Munster, quoiqu'il en ait tiré récompense, en exécution du même traité... Outre qu'il s'engage dans tous les intérêts de la maison d'Autriche, il promet particulièrement de donner son suffrage au roi de Hongrie dans la prochaine élection, et l'on me mande que c'était, de concert avec Lisola', qu'on publiait un traité de neutralité pour endormir le roi de Suède et ses amis. 3)
A ces défections s'ajoutait encore l'embarras de faire accepter par les Allemands les candidats que la France opposait au roi de Hongrie. Le duc de Ncubourg était repoussé par plusieurs électeurs, et quant à l'électeur de Bavière, prince faible, entouré d'influences autrichiennes , il était difficile d'obtenir qu'il briguât l'Empire. Sa mère, sœur de l'empereur Ferdinand HI, soutenait les intérêts de la maison d'Autriche. Le principal ministre de Bavière, le comte Kurtz , avait embrassé le même parti. La femme de l'électeur, Henriette-Adélaïde de Savoie, était plus ambitieuse que son mari et souhaitait avec passion la couronne impériale. Mazarin écrivait aux plénipotentiaires, le 3 octobre 1657^ : « Je vous
* Le baron d'isola, ou de Lisola, était un Franc-Comtois, né à Salins, en 1613, et dévoué à la maison d'Autriche. 11 la servit par ses négociations et par ses écrits.
- Aiïaires étrangères, France, I. 27"2, f" -2.SI.