I'20 ÉLECTION DE LÉOPOLD
présents ou à vcnii-, sous quelque couleur ou prétexte que ce puisse être. »
Mazarin eut soin de faire consacrer, par la capitulation imposée à l'empereur, les droits des puissauces amies de la France. Le duc de Savoie devait recevoir l'investiture du Montferrat^ conformément aux clauses de la paix de Munster. Le roi de Hongrie s'engageait à faire restituer sans délai à ce prince la ville de Trino, que les Espagnols avaient prise, et à enlever au duc de Mantoue le vicariat de l'Empire en Italie, qui lui avait été donné au détriment du duc de Savoie. Enfin le duc de Modène, qui était resté fidèle à l'alliance de la France, obtenait la promesse de l'investiture de Coreggio', par l'article 39 de la capitulation.
La formule du serment, par lequel le roi de Hongrie jura l'observation de la capitulation, mérite d'être citée : « Toutes lesquelles choses en général et en particulier, disait le futur empereur, nous, roi des Romains susnommé, avons promises auxdits électeurs, tant pour eux qu'au nom du Saint-Empire romain, y engageant notre honneur royal, notre dignité et la parole de la vérité, ainsi que nous le promettons par ces présentes, et prêtons le serment corporel à Dieu et à ses saints Évangiles, pour leur ferme, fidèle et inviolable observation, de ne rien
* Article 4 de la capitulation de 1658.
- Celte petite ville du duché de Modène est située à peu de distance de Uegnrio de Modène.
COMME EMPEREliPi {IH Juillet 1658). 121
faire à l'encontre, ni procurer qu'il y soit contrevenu par quelque voie que l'on puisse imaginer, renonçant à toutes exceptions, dispensations, absolutions, droits tant canoniques que civils, de quelque nom qu'on les appelle. » Le roi de Hongrie souscrivit cette formule le \S juillet 1658, fut élu empereur le même jour et couronné par l'archevêque de Cologne, le 31 du même mois.
Les Espagnols des Pays-Bas accueillirent la nouvelle de l'élection de l'empereur Léopold avec tous les signes de l'allégresse la plus vive et en firent des feux de joie. Mazarin appréciait mieux la situation, lorsqu'il écrivait au président de Bordeaux, le 25 juillet' : « Cette élection n'est pas si avantageuse qu'ils s'en doivent fort réjouir, et leurs feux sont véritablement des feux d'artifice pour amuser les peuples; car la capitulation que l'on doit avoir imposée au roi de Hongrie lui lie si bien les mains à ne pouvoir assister les Espagnols ni contre la France ni contre ses alliés, sans qu'il leur ait pu réussir d'en faire exclure les Anglais, quelques efforts et quelques diligences qu'ils aient faites pour cela, qu'ils ne retireront pas beaucoup de profit de sa nouvelle dignité, si ce n'est ^ qu'il croie être le maître absolu de sa parole et la pouvoir donner et retirer, quand bon lui semblera; mais on travaille présentement, à Franc-
* Affaires étrangères, France, t. 277, f" 219 V. Le sens est : à moins qu'il ne croie être le maître absolu de sa parole.