ACCESSION DE LA FRANCE
gner jusqu'à nouvel ordre... Il est fait mention, outre cela, dans le préambule, des électeurs de Trêves et de l'évêque de Munster, parce que leurs députés ont toujours assisté h toutes les conférences, comme [députés] de princes qui témoignaient vouloir s'associer aux autres... 11 y a apparence qu'à présent que l'affaire est faite, il ne sera plus si malaisé de faire grossir la pelote et qu'entre autres WiJrlemberg et Darmstadt entreront volontiers. » En effet, le landgrave de Hesse, l'électeur de Trêves et l'évêque de Munster ne tardèrent pas à prendre part à la ligue du Rhin'. Plusieurs princes et entre autres les comtes de Waldeck et le duc de Wurtemberg y accédèrent également-.
Les coalisés s'engageaient à faire respecter, môme parla force des armes, les capitulations imposées à l'empereur. Leur ligue, qui s'étendait depuis Wismar, Brème et Verden, à travers le Brunswick, l'évêché de Munster et la Hesse, jusqu'à Cologne et Mayence,
* Négociations relatives à la succession d'Espagne, t. H, p. 20.
■2 Le texte de ce traité d'union a été publié dans le Corps diplomatique, t.M, 2'" partie, p. 101. Nous ne pouvons donner ici qu'une idée très incomplète des difficultés que présenta l'organisation de cette ligue. Elle n'exista pendant quoique temps que sur le papier, et l'empereur parut assez peu s'en eml)arrasser. 11 lit envahir, en 1(J5'J^ la l'oméranie suédoise par ses troupes et assiégea Steltin. La ligue protesta vainenienl contre l'allaque, dirigée parl'empereur Léopold contre un des confédérés. Il fallut, pour y mettre un terme, l'intervenlioii énergique de Mazarin, qui menaça, après la conclusion de la paix des Pyrénées, d'envoyer une armée en Allemagne. On trouvera plus loin (ch. iv du livre VIi les lettres du cardinal relatives à ces événements.
A LA LIGUE DU RHIN (15 Août IG58). 127
venait se rattacher aux forteresses françaises de Philipsbourg et de Brisach. L'accession de la France était la condition nécessaire de la durée et de la force de la coalition. Le i5 août, les plénipotentiaires français signèrent le traité, par lequel le roi Louis XIV formait, avec les confédérés, une alliance défensive pour le maintien de la paix de Westphalie. Il y était stipulé que la ligue s'opposerait au passage de troupes envoyées dans les Pays-Bas, ou ailleurs, contre le roi Très Chrétien et ses alliés'. De son côté, Louis XIV s'engageait à fournir seize cents fantassins et huit cents cavaliers pour son contingent à l'armée des pi'inces coalisés. Le nombre de soldats, exigé de chacun d'eux était fixé, et un directoire institué comme pouvoir central. L'archevêque de Mayence eut la présidence de ce directoire, dont les réunions devaient se tenir à Francfort. Conclue pour trois ans, cette confédération pouvait être renouvelée.
L'influence de la ligue du Bliin fut considérable et justifia les sacrifices pécuniaires qu'elle avait imposés à la France. Si l'on en croit la correspondance de Mazarin, il se ruina pour acheter les petits princes allemands. « Quoi qu'on m'ait pu dire, écrivait-il aux plénipotentiaires le 21 juillet 1658', il m'a toujours été impossible de m'empêcher d'avancer jusqu'au
'■ M. Mignet a publié le texte du traité conclu entre Louis XIV et la ligue du Rhin dans les Négociations relatives à la siiccession d'Espagne, t. Il, p. li et suiv.
^AlTaires étrangères, FiiAXCE , t. '277. Le passage cilé est au f" 20-2 y.