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SACRIFICES PÉCUNIAIRES

dernier quart d'écii de mon argent, quand j'ai cru de pouvoir, par ce moyen, faire quelque chose d'avantageux pour le service du roi, et je vous puis jurer avec vérité, comme à mes meilleurs amis, que, si je venais à manquer demain, il s'en faudrait dixhuit cent mille livres (pie j'eusse un sol valant (sic) ; car, outre la dot de mes nièces et les grandes avances que j'ai faites, l'année passée, pour fournir aux dépenses de la guerre et à celles qu'on a faites jusqu'à présent en Allemagne, tant pour assister le roi de Suède que pour donner moyen de réussir dans la négociation que vous avez entre les mains, m.on zèle m'a insensiblement engagé, cette année, à faire payer argent comptant la fourniture du pain des armées et des places, sur ce que je voyais clairement de pouvoir faire, en cela, une épargne au roi de quatre ou cinq millions de livres ' ; mais ayant été impossible de pouvoir rien tirer d'effectif des finances pour fournir à cette dépense, j'ai été contraint de donner pouvoir au sieur Colbert d'emprunter, en mon nom, jusqu'à trois ou quatre millions-, et il l'a déjà fait pour la

* On verra, en effet, dans le chapitre suivant, que Mazariii fournit à l'armée les vivres et les munitions de guerre, pendant le siège de Dunkerque ; ce qui fut pour les courtisans une occasion de plaintes et de railleries contre le cardinal.

2 Je suis loin de vouloir justifier Mazarin du reproche d'avarice, que l'histoire véridique ne peut que confirmer. Cependant il faut reconnaître qu'en cette circonstance, les avances qu'il faisait à l'État, étaient moins onéreuses, pour le Trésor puhlic, que celles qu'on aurait obtenues des financiers, avec lesquels traitait Fouquet. Mazarin déclare positivement qu'il épargnait à l'État quatre ou

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