ÉCHEC D'OSTENDE
{le maréchal d'Aumont et l'intendant Talon) de l'aifaire, je n'en pouvais avoir aucune espérance par les raisons que je leur déduisais. »
Malgré ces avertissements, le maréchal d'Aumont persista dans son entreprise. Arrivé à la rade d'Ostende, il y resta deux jours et demi, dit Mazarin dans la même dépêche, « s'imaginant que les Espagnols seuls ne pouvaient avoir aucune connaissance de ce que tout le monde savait ». Enfin il prit terre avec un petit corps de troupes, se fiant toujours aux promesses de ceux qui lui avaient fait espérer qu'on l'attendait, pour lui livrer une des portes de la ville*. Mais dès qu'il fut proche de la place, les Espagnols sortirent de leur embuscade, lui coupèrent la retraite et le firent prisonnier avec cinq ou six cents hommes ". Le reste des troupes du maréchal parvint à regagner les vaisseaux qui étaient en rade.
Mazarin lui-même était forcé de reconnaître que c'était un triste commencement de campagne^; mais il ne perdait pas courage, comme le prouve la dé-
* Turenne, parfaitement renseigné sur tous les événements de <:ette guerre, dit dans ses Mémoires{p. i90 de l'édition Michaud et Poujoulat), que le maréchal d'Aumont s'engagea « sur la parole de quelques petites gens, qui furent trompés grossièrement par ceux d'Ostende, lesquels, ayant joué une farce dans la ville, firent semblant d'arrêter leur gouverneur, crièrent : Vive le roi ! dans les rues et dirent mille injures aux Espagnols, etc. »
- Mémoires de Turenne, ibid.
3 L'ambassadeur Giustiniani {Filza 121, f" 65) dit également que la cour était affectée c del disgusto, clie si prova al principio délia ■campagna ». (Lettre du 17 mai 1658.)