RETARDS DES ANGLAIS
grandes marées les emportèrent plusieurs fois et forcèrent de recommencer les travaux. Cette lutte incessante contre l'Océan était d'autant plus pénible que des tourbillons de sable soulevés par le vent aveuglaient les soldats. D'ailleurs, dans les premiers temps du siège, les vivres et les munitions de toute nature n'arrivaient que difficilement. Les vaisseaux anglais, au nombre de dix-huit à vingt, tenaient la haute mer et empêchaient que Dunkerque ne fût secouru de ce côté ; mais le service des navires légers et des barques, nécessaires pour l'approvisionnement de l'armée, ne fut convenablement organisé que plus tard.
Mazarin se plaignait au président de Bordeaux de ce que les secours promis par l'Angleterre arrivaient lentement. « Je suis fâché, lui écrivait-il', d'apprendre qu'étant engagés, comme nous sommes, il ne soit encore arrivé que dix-huit cents hommes, ou environ, de la recrue de trois mille hommes qui doivent venir pour le corps anglais"", et que Son Altesse (le Protecteur) ne nous destinait que mille hommes de ses vieilles troupes , quoique M. l'ambassadeur Lockhart m'en eût fait espérer un plus grand nombre. Je vous conjure donc de presser sur ces deux points. )) Mazarin opposait à ces retards des Anglais
1 Affaires étrangères, Angleterre, t. 69, f'^ 313-315, (Dépêche du 51 mai 1658.)
- Pour compléter le corps de six mille Anglais stipulé par le traité.