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POLIR L'APPROVISIONNEMENT DE L'ARMÉE

pèce K II eut soin d'envoyer des chirurgiens et des médicaments pour l'hôpital militaire. Aussi s'ctonnait-il des plaijitcs de certains officiers, qui trouvaient ce service mal organisé. « Pour ce qui est de l'hôpital, écrivait-il h Talon le 14 juin, on n'a jamais, en aucune campagne, pourvu si exactement h ce qui pouvait être nécessaire au soulagement des pauvres blessés, comme on a fait dans celle-ci. Je commence à croire qu'il y a des gens qui travaillent sous main pour insinuer le contraire , faisant plaindre des officiers et trouver à redire à tout ce qui se fait. Je vous prie d'y avoir l'œil et d'y remédier; car il n'y a pas de raison d'en user ainsi, pendant que l'on ne songe pas seulement à envoyer quantité de chirurgiens, de religieux, et tout le solide qui est nécessaire pour le bon traitement des blessés, mais même des confitures, des citrons et choses semblables. »

M'"° de Motteville a reproduit les bruits dont se plaint Mazarin. Les courtisans, dont elle a recueilli les griefs -, ne voyaient, dans la sollicitude du cardinal pour l'approvisionnement de l'armée, qu'une preuve de son avarice. « Il s'avisa, dit M'"Hle Motteville, de

* Affaires étrangères, France, t. 277, f" 123, et Pays-Bas, t. 45. (Il n'y a pas de pagination pour ce volume de la Correspondance des Pays-Bas.)

^Mémoires, t. IV, p. 110, édit. Charpentier. M™^ de Motteville déclare qu'elle s'appuie sur le témoignage de c ceux qui étoient à ce siège î. On sait que M"' de Motteville vivait à la cour et qu'elle y puisait les renseignements qui lui ont servi pour ses Mémoires.

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devenir le vivandier et le miinilionnairc de l'armée : il faisait vendre, à ce qu'on a dit, le vin, la viande, le J3ain et l'eau, et regagnait sur tout ce qu'il vendait. » J'ai déjà dit, et je répète, que je ne prétends pas justifier l'avarice de Mazarin : elle a souillé les dernières années de sa vie; mais il ne faut cependant pas méconnaître que ce n'était pas seulement le désir de s'enrichir qui lui imposait des travaux incessants pour la nourriture et le soulagement de l'armée. Sans la prévoyance du cardinal, sans les vivres et les médicaments qu'il faisait venir à grands frais, les assiégeants auraient couru le risque de succomber à la faim et aux maladies , pendant ce long et pénible siège de Dunkerque '.

Le marquis de Leyde, gouverneur de cette place, était celui qui l'avait défendue si courageusement contre Condé , en 1646. Sa résistance ne fut pas moins opiniâtre en 1658; il tenta plusieurs fois de ruiner les travaux des assiégeants. Le 7 juin, mille fantassins et cinq cents chevaux sortirent de Dunkerque et attaquèrent la tranchée. Ils furent repoussés par le comte de Soissons, par le marquis de Créquy, qui s'était déjà distingué au siège d'Arras", et par le comte de Guiche, fds du maréchal de Gramont. Les deux premiers eurent leurs chevaux tués

* On a vu plus haut, p. 128, que Mazarin avait entrepris la lourniture du pain de l'armée et qu'il prétendait avoir ainsi épargné au Trésor une dépense de quatre à cinq millions.

- Voy. le tome précédent, p. il"2, noie l.

MOI'.T D'IIOCQLIXCOLT.T. 151

SOUS eux, cL le comte de Guiche fut blessé à la main d'un coup de mousquet '.

Quelques jours plus tard, don Juan d'Autriche, qui avait rassemblé les troupes espagnoles, dispersées dans les villes de Flandre, arriva à Furnes (10 juin) ^ Ce l'ut là que le maréchal d'IIocquincourt vint le rejoindre. Le H juin, ce maréchal s'avança, avec plusieurs autres généraux, à peu de distance des lignes françaises, et attaqua les gardes avancées des assiégeants. Il fut repoussé par une vive fusillade, et l'eçut une blessure, à laquelle il succomba. Un de ses gentilshommes vint aussitôt trouver Mazarin, et lui demanda, au nom de tous les officiers qui avaient suivi d'Hocquincourt, la permission de se joindre à l'armée française avec leurs compagnies ^ « Il m'a aussi fait connaître, ajoute Mazarin, que, si le roi accorde cette grâce, il y aura bonne quantité de cavaliers de l'armée de M. le Pi'ince qui s'en reviendront. »

Les Français, à la solde de l'ennemi, étaient découragés: l'incurie des généraux espagnols en était lapiincipalecause. Ils vinrent, le 13 juin, camper près des assiégeants, se persuadant qu'ils forceraient leurs lignes avec la même facilité qu'à Yalenciennes\ Ils avaient environ huit mille chevaux et six mille

* Mémoires de Bnssy-Rabutln, t. II, p. 5G, édit. Lalaiine. - Mémoires du duc d'York, p. 603.

^ LeUre de Mazarin à Talon, intendant de l'année, en date du 1-i juin 1G58 (Aff. élr., Pays-Bas, t. io; pas de pagination).

* Voy. ci-dessus, p. :23.

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