ATTAQUES CONTRE MAZARIN
fait grande instance, écrivait Mazarin à la reine', afin que le roi prît sa demeure à Dunkerque, et que, pour cet effet, on y fît entrer ses gardes suisses et françaises; mais Sa Majesté a aimé mieux être ici (à Mardick). »
La remise de Dunkerque aux Anglais fournit aux ennemis de Mazarin une occasion favorable pour le décrier. Les vieilles haines entre la France et l'Angleterre se réveillèrent. On critiqua l'ambassade envoyée récemment à Cromwell pour le complimenter. On rappelait que le duc de Gréquy était accompagné par le neveu même du cardinal, Philippe Mancini, et portait au protecteur d'Angleterre une épée enrichie de diamants. On inventait une lettre où Mazarin proclamait Cromwell le plus grand homme du moncle\ En un mot, on excitait habilement les passions religieuses et politiques, et l'on déchirait le ministre, que l'on accusait d'avoir trahi la France et la religion catholique^.
Mazarin comprit le danger ; il connaissait la puissance de l'opinion chez un peuple, dont les passions sont aussi mobiles, et qui ne supporte pas longtemps une domination, même modérée et prudente.
1 Lettre du iG juin (Atf. étr., iOid., i" IG7).
- Voy. ci-dessus, p. iil, note 4.
■' Voy., entre antres, le pamphlet de Retz intitulé : Très humble cl très importante remontrance au roi sur la remise des places maritimes de Flandres entre les mains des Anglais. Il a été réimprimé par M. de Chanlelauzc, à la suite des Mémoires de Retz, t. Y, de l'édiiioii dos Grands écrivains de la France.