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ENLEVÉES AUX ESPAGNOLS

pour couvrir les travaux. » Les Espagnols firent quelques tentatives pour inquiéter les troupes de Turenne ; mais ce grand capitaine les repoussa et, malgré les rigueurs de l'hiver, il n'hésita pas à passer l'Escaut, et à s'avancer jusqu'à Ninove, sur laDendre, au sud-ouest de Bruxelles; il s'en empara, mais sans intention sérieuse de conserver cette place; il voulait seulement intimider les ennemis. Dans ce but, il laissa un corps de cavalerie assez considérable dans Ninove, jusqu'au moment où les fortifications d'Oudenarde et de Dunkerque furent terminées.

Cette campagne de 1658 avait été, sur tous les points , désastreuse pour les Espagnols. Battus en Flandre, menacés dans le duché de Milan, ils venaient d'être vaincus par les Portugais près d'Elvas, dans la province d'Alentejo. Mazarin espérait qu'ils seraient réduits à demander la paix; mais l'orgueil de PhiHppe IV refusait de céder. Le cardinal eut alors recours à un artifice, qui devait forcer l'Espagne à offrir l'Infante et la paix, ou prouver que son obstination ne pourrait être domptée que par une nouvelle campagne et de nouvelles victoires. Il fit proposer à la duchesse de Savoie, Christine de France , une entrevue, où l'on pourrait négocier le mariage du roi avec Marguerite de Savoie, fille de cette princesse et sœur de l'électrice de Bavière, qui s'était montrée si dévouée à la France ^ Il fut décidé

* Voy. ci-dessus, p. 106 et 107.

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