‹ Les Français d'aujoud'huiChapitre 96 sur 229 · VÊGOCIATIONS AVEC · texte numérisé non relu

VÊGOCIATIONS AVEC

dans l'espoir de quelques conquêtes douteuses, eut été odieux. Cependant Mazarin ne sacrilia en rien, dans les ncgociatione avec Pimenlelli, les intérêts qui lui étaient confiés.

Une des premières conditions imposées à l'ambassadeur espagnol l'ut que toutes les conquêtes de la France, antérieures à l'année 1656, seraient définitivement acquises. Ainsi l'Artois, sauf Aire et Saint- Omer, le Roussillon, l'Alsace, sur laquelle la branche espagnole de la maison d'Autriche avait des prétentions, devaient êlre incorporés au royaume. Louis XIV conservait, dans le Luxembourg, Thionville, Montmédi et Damvilliers; Landrecies et le Quesnoi, dans le Ilainaut, et, en Flandre, Gi-avelines, Bourbourg , Bergues-Saint-Yinox et Saint- Venant. La ville de llesdin, dont nous avons vu la révolte \ devait être remise à ce prince.

De son côté, la France rendait à l'Espagne un grand nombre de places importantes : en Catalogne, Roses et C;ip-de-Quiers, i'uycerda et plusieurs toits; en Italie, Valence et Mortai'a; en Flandre, Furnes, Dixmude, Oudenarde, Ypres, Menin, Commines. Les questions relatives au prince de Condé, au duc de Loriaiue et au Portugal furent aussi examinées; mais elles ne purent être résolues immédiatement.

Comme on approchait de l'époque où s'ouvrait ordinairement la campagne, Pimentelli demanda une

* Ci-dessus, p. 136.

PIMEXTELLI (FiiYRiER-MAi 1G59). 221

suspension d'armes, qui fut signée, le 8 mai 4659. L'Angleterre y fut comprise pour Dunkerque, mais on n'y parla pas du Portugal. Cette concession, faite aux exigences de TEspngne, a paru excessive à quelques historiens; mais elle était imposée parle besoin général de la paix, et aussi, comme on l'a vu, par le rôle insignifiant que le Portugal avait joué pendant celte longue guerre.

Pimentelli profita de l'armistice pour demander à Madrid de nouvelles instructions, principalement en ce qui concernait Gondé. Déjà, en 1656', cette question avait fait rompre les négociations entre la France et l'Espagne. Philippe IV croyait son honneur intéressé à soutenir les prétentions de son allié, qui voulait rentrer dans ses gouvernements et dignités. Mazarin s'y refusait formellement-. Il exigeait que les places du Catelet, de Hocroi et de Linchamps ou Glinchamps\ où Gondé tenait des garnisons, fussent remises au roi, et que le prince se contentât d'être rétabli dans ses biens. Pimentelli fut oblii^é de se

* Ci-dessus, p. 18 et p. 28.

2 Comparez, sur ce sujet, une lettre de l'ambassadeur véuitieu, Fr. Giustiiiiaai (Filza \ii.2, f"* 23 ^l suiv.).

^ Giiiichamps n'est plus aujourd'hui qu'un village de la Haute- Mariie. Au dix-septième siècle, c'était une place de guerre d'une certaine imporlance. Le maréchal de la Ferle en parlait dans une lettre à Mazarin, datée du 2'i. novembre 1G57 : « Cest uiie fort petite et eslroile place, baslie sur le roc d'un^; éminence fort haute, pour laquelle approcher et venir jusqu'au pied du roc, sur lequel elle est bastie, il n'y a qu'une avenue si eslroile, que Ton ne sauroit y mener du canon, s {Mï. étr., LORrtAi.NK, l. 37, f" 3i5.)

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