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LES RESULTATS DE L'INSTRUCTION

Le progrès, en toutes ses branches, est anli-j éfjalltaire. La loi de la nature et de la vie c'est lai

sélection, et, suivant cette loi, les distances ten-l

dent à s'accroître, et non pointa diminuer, entre(

les hommes à mesure qu'ils progressent. L'abîme,-

est aujourd'hui plus profond entre les nations

que nous nommons « civilisées " et celles qui

le sont peu ou point, qu'il n'était il y a cinq

siècles.

En France, le roi mérovingien était plus rapproché de ses serfs, ou l'évêque féodal de ses ouailles, comme mentalité, comme individualité intellectuelle et matérielle, que ne l'est, de nos jours, un professeur de Sorbonne d'un paysan.

L'écart va grandissant entre la masse et les privilégiés, non point seulement les privilégiés de l'argent, mais aussi ceux de l'intelligence, entre l'homme qui sait le plus et l'homme qui sait le moins, bien qu'ils soient tous deux électeurs au même titre. Et cela, par la seule force des choses.

L'égalitarisme est une conception si niaise,

que le pays où l'on tenterait sa pratique sociale

entrerait aussitôt en décomposition. Aussi se con-i

tente-t-on de l'appliquer à la vie publique, de

petite importance par rapport à la vie privée.

Encore est-ce seulement en façade et avec le

succès que l'on sait.

3'i4 LES FRANÇAIS DE MON TEMPS

La diffusion de l'instruction ne nivèle pas les intellig^ences, parce qu'il est plus difficile au temps présent de faire apprendre eisurloui 7'eiejiir, quelque chose à ceux dont les cervelles sont rétives ou fuient, qu'il ne l'était naguère de tirer de l'ignorance ceux qui voulaient en sortir.

Il a été semé, non plus des poignées, mais des sacs, des charretées de semence et, de semence tombée dans la bonne terre, la seule où lève le grain, dans les sols d'élection où il fructifie au centuple, il n'y en a pas eu beaucoup plus que par le passé.

11 est curieux de noter que, malgré l'incroyable développement des écoles de toute sorte, il n'y a pas eu au dix-neuvième siècle un plus grand nombre d'hommes de génie, ou de très haute culture, que dans les siècles précédents. La production et la consommation des imprimés ont augmenté, mais non pas la quantité des chefsd'œuvre, ni même celle de leurs lecteurs.

Seulement il se tire, par millions, des petits journaux et des almanachs, et quelques romans, non pas les meilleurs, vont à deux cent mille exemplaires. Cela suffit aux besoins intellectuels de la population lisante. Celle-ci n'est d'ailleurs qu'une minorité; la majorité des citoyens étant forcément absorbée par le travail de la terre, des ateliers ou des usines.

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