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gazelier. Il rccoiiuaissaiL combien il e^l dillicile de contenter tout le monde et la reine; on se plai^niait de lui, il répondait : « Si bien dirai-jc à ceux (jui se plaignent da quoi je parle quelquefois des grands sans les louer, que la vraie et solide louange se trouvant dans les actes verlucux, dire la vérité, c'est louer tout ce qui le mérite. » Chacun avait sa préférence pour les sujets qui remplissaient la Gazette, et chacun y trouvait trop peu de ces faits qui lui plaisaient. R^-naudot nous met au courant de ces plaintes par la réponse qu'il y fait: « Les capitaines y voudraient rencontrer tous les jours des batailles et des sièges levés et des villes prises ; les plaideurs, des arrêts en pareil cas, les personnes dévotieuses y cherchent le nom des prédicateurs , des confesseurs de marque. Ceux qui n'entendent rien aux mystères de la cour les y Noudraient trouver en grosses lettres. Tel, s'il a porté un paquet en cour, ou mené une compagnie d'un village à l'autre sans perte d'iiommes, ou payé le quart de quelque médiocre office, se fâche si le roi ne voit son nom dans la Gazette. D'autres y voudraient voir ces noms de monseigneur répétés à chaque personne dont je parle... Il s'en trouve qui ne veulent qu'un langage fleuri, d'autres qui veulent que mes relations ressemblent à un squelette décharné de sorte que la relation en soit toute nue, ce qui m'a fait essayer de contenter les uns et les autres. >^
Les éloges surtout que distribuait la Gazette étaient enviés de tout le monde; il est vrai qu'elle ne marchandait guère et qu'il n'était pas difficile d'être loué dans ses feuilles. D'éloges on regorge, disait Alceste le Misanthrope,
A la tête on les jette, Et mon valet de chambre est mis dans la Gazette.
Mais la vanité est un fonds si inépuisable qu'on peut tout épuiser avant de la satisfaire. C'était de ses obsessions que
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Reiiaudot avait surtout à se défendre. On le voit par une estampe conservée à la Bibliothèque nationale. La Gazette est assise sur une espèce de tribunal, sa robe est parsemée de langues et d'oreilles. Le Mensonge désarmé lui lance des regards pleins de haine; la Vérité, au contraire, semble heureuse d'être assise auprès d'elle; au pied du tribunal, à droite de la Gazette, qui le désigne du doigt, Renaudot remplit les fonctions de greffier. Les cadets de la Fortune se pressent autour de lui et lui offrent de l'argent :
Plus que de triompher, nous brûlons de paraître, Ennemis des combats et serfs d'un faux honneur, Vous aurez de notre or en nous faisant faveur : Dites que nos grands coups font les Mars disparaître.
Mais Renaudot détourne la tête pour ne point les entendre. A gauche, sept personnages, de diverses nations, dont un à cheval, et parmi lesquels on remarque un Castillan à la longue rapière, aux moustaches retroussées, et un Indien coiffé de plumes, apportent des nouvelles et remettent des lettres à la Gazette en chantant son éloge. Au fond est le crieur du journal avec un panier d'exemplaires. Quant au style de la Gazette, on a fait l'éloge du bon sens de Renaudot : « Il avait l'art, a-t-on dit, de se renfermer dans son sujet; point d'écarts fatigants, jamais de réflexions triviales ou déplacées parleur inutilité; il narre avec ordre, avec intelligence, et son style vif et agréable conserve encore toutes ses grâces. » L'éloge me parait exagéré; pourtant, qu'on en rabatte si l'on veut, il en reste encore une part assez glorieuse.
Peut-être ne serez-vous pas fâchés de lire quelques-unes de ces nouvelles; j'en extrairai trois ou quatre en choisissant celles surtout qui peuvent nous renseigner curieusement sur les mœurs de cette époque.
En 1633, il y eut une promotion fort nombreuse dans
GAZETTES ET JOURNAUX Al WII'' SIÈCLE
rordre du Sainl-Ksprit. La Gazette racoiUe tous les détails de la réception dos chevaliers et ajoute cette particularité sur le festin donné par le roi aux chevaliers de ses ordres après la cérémonie : « Au commencement du dessert, le roi (qui était seul à sa table, les chevaliers aux autres tables placées à côté)