LES GENS D EGLISE SI
de SCS biens. S'il est vrai de dire qu'elle les dut, au commencement, i\ la libéralité des rois et des grands seigfieurs, il faut avouer qu'elle contribua à s'édilicr elle-même de plus en plus, à chaque génération, par les legs (|ue beaucoup de ses membres lui laissèrent en mourant. C'est une observation judicieuse faite par .\lexis Monteil, au sujet d'un Obituaire manuscrit de l'église métropolitaine de Sens. Il est du xui*^ siècle et des siècles suivants. « On a bien dit, remarque ce spirituel savant, que l'Eglise avait toujours les mains ouvertes pour recevoir, mais on n'a pas encore dit que souvent l'Église donnait à l'Église. Dans cet Obituaire il y a sans doute beaucoup de ;1///e5 (chevalier), de Burgensis (bourgeois), mais ils sont en bien moindre nombre que les Canonicus et les Episcopus * ».
Ces offrandes et ces legs successivement ajoutés les uns aux autres, ces biens toujours accrus et jamais aliénés, formèrent ainsi, peu à peu, un patrimoine d'une richesse prodigieuse. L'Église l'appelait le bien des pauvres. Les indigents, en effet, en tiraient quelques secours. On leur distribuait des aumônes aux portes des couvents; on élevait des orphelins: maison peut bien dire, sans malice, qu'ils ne recevaient qu'en très petite part ce qui leur revenait de leur bien. Les curateurs en gardaient pour eux les plus gros revenus. Des exemples, comme celui que je vais rapporter d'après Saint-Simon, durent toujours être assez rares.
Il nous dit que le priear et les principaux religieux de l'abbaye d'Orcamp surent que « deux enfants gentilshommes dont les ascendants paternels avaient fait de grands biens à leur abbaye et l'avaient presque fondée, étaient tombés dans la nécessité. Ils les prirent chez eux, les élevèrent, et leur firent apprendre tout ce qui convenait à leur état; ensuite ils trouvèrent moyen de les faire officiers, leur achetèrent après