‹ Les français du XVII siècleChapitre 30 sur 125 · Traité de Matériaux manuscrits, t. h', p · texte numérisé non relu

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des compagnies, et tous les hivers ils défrayaient leurs équipages chez eux; enfin, au printemps, ils leur faisaient une bourse pour leur campagne. Ils ont toujours continué tant que ces gentilshommes ont eu besoin et ont voulu recevoir ce secours. » L'auteur ajoute : « Aussi ces moines, tout riches qu'ils sont, en ont recueilli la vénération de tout leur pays : ils la méritent sans doute, et d'être proposés en exemple K »

Ce bel emploi de la richesse n'était donc pas, môme au xvn^ siècle, d'un usage journalier dans l'Église, autrement les moines de l'abbaye d'Orcimp en eussent tiré moins de vénération dans tout leur pays. Le plus souvent, ce qu'en un langage d'une dévotion pateline on appelait le « patrimoine des pauvres » recevait une destination moins chrétienne. On sait le mot vif et dur de Le Tellier, archevêque de Reims. Il passait par Autun avec toute la Cour, et venait d'être reçu dans le palais épiscopal. L'évêque était le célèbre Roquette, sur qui, dit-on, Molière prit son Tartufe. Chacun admirait, et l'archevêque de Reims avec tous les autres, un magnifique buffet. Roquette, « tout sucre et tout miel », dit au prélat : « Vous voyez là le bien des pauvres. » « Il me semble, reprit brutalement l'archevêque, que vous auriez pu leur en épargner la façon. » La bourrade était bien méritée ^,

Quoique les biens de l'Église n'allassent pas en rosée bienfaisante se répandre toujours sur les indigents, ils n'en étaient pas moins d'un grand secours à la société générale. En 1789, lorsque l'Assemblée constituante, par un décret du 2 novembre, déclara les biens du clergé propriété nationale, ils furent estimés un milliard et cent millions. Il y avait alors, outre le clergé séculier, 1.081 abbayes dont 800 d'hommes et 281 de femmes, 619 chapitres qui en vivaient. Au xvi^ siècle, il y avait

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