‹ Les français du XVII siècleChapitre 4 sur 125 · Acte I", scène v · texte numérisé non relu

Acte I", scène v

6 LES FRANÇAIS DU XVI l'' SIKCI.K

N'est-ce pas encore là le costume de Mascarille? La peinture de madame de Villedieu ne correspond-elle pas en tout à celle que nous donne Sganarelle des blondins et dos muguets? H ne se lasse pas de poursuivre les njanjuis. « Quoi ! toujours des marquis? se fail-il dire à lui-rnecne dans V Impromptu de Versailles. — Oui, répond-il, toujours des marquis. — Le marquis, aujourd'tiui, est le plaisant de la comédie; et comme, dans toutes les comédies anciennes, on voit toujours un valet boutfon qui fait rire les auditeurs, de même, dans toutes nos pièces de maintenant, il faut toujours un marquis ridicule qui diverlisse la compagnie ^ »

Ici, il n'y a plus lieu à équivoque; c'est dans l'antichambre du roi qu'il va prendre les originaux. Les traits de la satire ne risquent plus de s'égarer et de tomber sur quelque victime obscure. La comédie s'ouvre par deux marquis qui se rencontrent. La Grange reçoit les conseils de Molière, qui représente lui-même l'un des deux seigneurs qu'il met en scène. C'est un tour nouveau et gai donné à la raillerie: « Souvenez-vous bien, vous, de venir, comme je vous ai dit, là, avec ce qu'on nomme le bel air, peignant votre perruque et grondant une petite chanson entre vos dents. Là, là, là, là, là. Rangez-vous donc, vous autres, car il faut du terrain à deux marquis; et ils ne sont pas gens à tenir leur personne dans un petit espace. (A La Grange). Allons, parlez.

» La Grange. — Bonjour, marquis.

» Molière. — Mon Dieu ! ce n'est point là le ton d'un marquis; il faut le prendre un peu plus haut; et la plupart de ces messieurs affectent une manière de parler particulière pour se distinguer du commun : Bonjour, înarquis. Recommencez donc.

» La Grange. — Bonjour, marquis.

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