M, ibid., t. II, p
LES OENS d'Église 151
est animé par la présence des docteurs qui y pr(''sident et y assistent, par le concours des premières personnes de l'Église et de l'État et des savants de toutes conditions. L'on peut dire, en effet, qu'une licence de théologie de Paris est, dans le genre des exercices de littérature, un des plus beaux spectacles qui se trouvent dans le monde. » Qu'on s'étonne à présent que l'abbé de Saint-Cyran, s'adressant à Arnauld, enfin revenu de « cet enchantement de bagatelle » (fascinatio nugacitali.sj, lui écrive cette phrase : « La dignité doctorale vous a déçu, comme la beauté déçut les deux vieillards ^ »
On voit en parcourant la Vie de cet obstiné docteur qu'il fut hospes Sorbonnicus. Sainte-Beuve ajoute qu'il fut admis à loger en Sorbonne : cela ne suffit pas pour l'explication de ces deux mots. Nous la trouvons complète dans les Mémoires de l'abbé Morellet*. Là nous voyons ce qu'était encore, vers 1750, celte institution des Sorbonnistes qui remontait au xin^ siècle.
Fondée sous saint Louis par Robert Sorbon, son confesseur, relevée et dotée par Richelieu, cette société était une réunion théologique, où se suivaient les études et les exercices de la faculté de théologie. Elle comprenait environ cent ecclésiastiques, la plupart évêques, vicaires généraux, chanoines, curés de Paris et des principales villes du royaume. Dans la maison même de la Sorbonne demeuraient habituellement vingt-quatre docteurs, dont six professeurs des écoles de Sorbonne, un procureur, un bibliothécaire, et dix à douze bacheliers si; préparant à leur licence ou la courant, et, après leur licence, faisant place à d'autres jeunes gens suivant la même carrière. Trente-six appartements réservés aux trente-six plus anciens docteurs, dix ou douze appartements pour les jeunes gens