‹ Les français du XVII siècleChapitre 66 sur 125 · Lettres de madame de Sévigné, t. IX, p · texte numérisé non relu

Lettres de madame de Sévigné, t. IX, p

10() m:s fuançafs du xvii^ siècle

« J'ai été avec elle (madame de Vins), l'abbé Arnauld et d'Hacqueville voir passer la procession de Sainte-Geneviève; nous en sommes revenus de très bonne heure, il n'était que deux heures; bien des gens n'en reviendront que ce soir. Savez- vous que c'est une belle chose que cette procession? Tous les différents religieux, tous les prêtres des paroisses, tous les chanoines de Notre-Dame, et M''''^ l'archevêque pontificalement, qui va à pied bénissant à droite et à gauche, jusqu'à la métropole; il n'a cependant que la main gauche; et à la droite, c'est l'abbé de Sainte-Geneviève, nu-pieds, précédé de 150 religieux, nu-pieds aussi, avec sa crosse et sa mitre, comme l'archevêque, et bénissant de même, mais modestement et dévotement et à jeun, avec un air de péiùtence qui fait voir que c'est hii qui va dire la messe dans Notre-Dame. Le Parlement en robes rouges, et toutes les compagnies supérieures suivent cette châsse, qui est brillante de pierreries, portée par vingt hommes habillés en blanc, nu-pieds. On laisse en otage, à Sainte-Geneviève, le prévôt des marchands et quatre conseillers, jusqu'à ce que ce précieux trésor y soit revenu. Vous m'allez demander pourquoi on a descendu cette châsse: c'était pour faire cesser la pluie et pour demander le chaud. L'un et l'autre étaient arrivés au moment qu'on a eu ce dessein, de sorte que, comme c'est en général pour nous apporter toutes sortes de biens, je crois que c'est à elle que nous devons le retour du roi ^ »

C'est une femme, direz-vous, qui amuse sa curiosité et son oisiveté; tels amusements ou telles dévotions sont faits pour les personnes de ce sexe. Peut-être les hommes, quand ils n'étaient ni d'Hacqueville, ni abbés, étaient-ils indifférents à ces distractions. Vous vous trompez. Le désir de voir les y entraînait comme les femmes; un motif de piété les y condui-

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