L'ESPRIT RELIGIEUX ET RACINE
Le xvu^ siècle eut le rare bonheur de voir se renouveler plusieurs fois la littérature dramatique au souille des passions différentes qui l'animèrent. Au début, Corneille donne à ses contemporains la tragédie la mieux laite pour leur plaire: des aventures héroïques et sublimes. Les âmes sont encore toutes frémissantes des souvenirs de la guerre et de l'ardeur des combats. Un idéal de galanterie chevaleresque et de vertu romaine passionne les cœurs, il s'y mêle aussi une (ierté castillane qui fait fintérèt du Cid, di'Horace, de Polyeucle, de Cinna, de Nîcomède. Tous ces chefs-d'œuvre sont l'histoire vivante d'un temps passé, et le roman de l'époque où vit le poète. La fiction
LES FRANÇAIS DU XVIl*^ SIÈCLE
n'a pas à ce momcnlde sujets plus favoris que la magnanimité républicaine du vieil Horace ou de l'impétueuse Emilie. C'est rijeure des héros, prompts à la révolte, hardis contre le roi, intrépides dans les batailles, doux et tendres dans les salons, timides et respectueux devant la beauté. Les femmes elles-