Sainte-Beuve. Port-Royal, t. V, p
l'esprit RELK.IEIX ET RACINE 191
bruit des applaudissements couvre tout à la foiset lescooseils et les remords. Cependant, il vient une heure où ces traces, si légères qu'elles aient été, apparaissent avec une netteté qui surprend et aide beaucoup à la résipiscence. Les dégoûts inséparables de la vie assail'irent enfin Racine, fxî déclin de sa jeunesse le refroidit sur les plaisirs, tt le passé le reprit tout à coup avec une admirable puissance. Il revint aux souvenirs de Port-Royal, à la pensée de ces trois années où, malgré la dispersion des écoles, il resta dans la solitude, con'iéaux soins de Lancelot, de Nicole, de M. L? Maître ou de M. Hamon *. Il se souvint de l'affection de M. L'^ Maître qui l'appelait son cher fils, des sages conseils où il lui disait : « La jeunesse doit toujours se laisser conduire et lâcher de ne point s'émanciper. » Il se rappela ces pieux exercices d'écolier où il priait le ciel de défendre le monastère batlu par la tempête, les promenades dans le cloître vénérable, dans le bois, sur le bord de l'étang, le long des prairies; les premiers essais de sa muse naissante encore, mais non sans grâce et sans émotion. Plus détachée du monde, son inagination revint en arrière, elle se complut dans ce lointain aspect de ses premiers jours. Il dut se dire comme autrefois :
Je vois les altières futaies, De qui les arbres verdoyants, Dessous leurs grands bras ondoyants, Cachent les buissons et les haies... 2
Là l'on voit aussi sur les herbes Voltiger ces vivantes fleurs, Les papillons dont les couleurs Sont si frêles et si superbes :