AVOCATS, PHOCURKIRS, HOMMES DE ROBE
rai, dit-il, que sur siguilicalion tl'huissior. On cIiltcIic uu huissier, on n'en trouve pas, et saint Yves reste au paradis.
Tels sont les contes que la malice populaire fait circuler au moyeu âge. Ceux qui les répètent n'y croient guère; mais tout est bon à (jui se venge.
V^ous avez lu peut-être dans Rabelais la peinture du pays des Chicanoux. Quel horrible tableau il l'ail de Grippeniinaud, l'archiduc des chats-fourrés! II est épouvantable à voir. C'est un cerbère, une chimère, un Osiris. Il a trois tètes : lion rugissant, chien tlattant, loup bêlant". Ces trois tètes sont entortillées d'un dragon. Autour de lui ses officiers, tous vêtus de gibecières et de sacs à grands lamheaulx (Cescripturc. Tandis qu'il regarde ces merveilles, frère Jean voit aborder au port de Chicânoux soixante-huit galères et frégates, chargées de levrauts, de chapons, de palombes, de cochons, de chevreaux, de canards, d'oisons, de perdreaux et de toutes sortes de vivres. Il distingue au milieu de cette victuaille des pièces de velours, de damas et de satin, destinées à mesdames les chattes-fourrées; car ce pays, dit-il, vit de corruption ^
Un célèbre prédicateur, Menot, n'est pas moins ardent dans ses invectives contre les gens de justice. Il faut voir comme il reprend les avocats de leurs frauderies et leurs femmes de leur luxe ; comme il raille le grimoire des procureurs, les et cœtera des notaires, la corruption des juges qui vendent aux riches les droits du pauvre. Ici il nous montre un juge trottant sur sa mule; le plaideur qui le poursuit ne peut Tatteindre et, désespéré, meurt de chagrin en laissant sa famille sans ressources.
On connaît ses terribles hardiesses dirigées contre les membres du Parlement :