‹ Les français du XVII siècleChapitre 96 sur 125 · Rabelais. Livre V, ch. xi · texte numérisé non relu

Rabelais. Livre V, ch. xi

« Messieurs du Parlement de Paris ont la pi as belle rose qui soit en France (il fait allusion à la rosace du Palais de justice), mais elle a été teinte du sang des pauvres criant et pleurant après eux. Messieurs de la justice portent de longues robes et leurs femmes s'en sont velues comme des princesses; si leurs vêtements étaient mis sous le pressoir, le sang des pauvres en sortirait ^ »

Voilà comment, jusqu'au xvi*^ siècle, les calomnies, les blasphèmes, les exécrations et les injures se multiplient contre les gens de robe. Au xvii*' siècle, il y a peut-être moins de sang versé, moins d'innocents sacrifiés, moins de droits vendus, mais la satire trouve encore à mordre sur les mêmes personnes.

Lorsque Scapin veut détourner Argante de plaider, voici ce qu'il lui dit : « Eh! monsieur, de quoi parlez-vous là, et à quoi vous résolvez- vous? Jetez les yeux sur les détours de la justice. Voyez combien d'appels et de degrés de juridiction, combien de procédures embarrassantes, combien d'animaux ravissants par les griffes desquels il vous faudrait passer : sergents, procureurs, avocats, greffiers, susbtituts, rapporteurs, juges et leurs clercs. Pour plaider il vous faudra de l'argent; il vous en faudra pour l'exploit, il vous en faudra pour le contrôle, il vous en faudra pour la procuration, pour la présentation, les conseils, productions et journées du procureur; il vous en faudra pour les consultations et plaidoiries d'avocats, pour le droit de retirer le sac et pour les grosses d'écriture. Il vous en faudra pour le rapport des substituts, pour les épices de conclusion, pour l'enregistrement du greffier, façon d'appointement, sentences et arrêts, contrôles, signature et expéditions de leurs clercs, sans parler de tous présents qu'il vous faudra faire ^ ».

Deux cents pistoles et quelques coups de bâton débarrassent^

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