‹ Les Français du XVIIe siècleChapitre 2 sur 108 · UASCARILLE ET LES PRECIEUSES · texte numérisé non relu

UASCARILLE ET LES PRECIEUSES

qu'il tourne en dérision. Li petite oie de Mascarille, c'est-à-dire les rubans, les plumes, les dentelles, les bas, les gants, enfin toutes les menues parties du vêtement, y sont passés en revue, et accompagnés d'un mot (|ui y attache une éternelle moquerie.

« Mascarille. — Que vous semble de ma petitcoie? la trouvez-vous congruente à l'habit?

la Cathos. — Tout à fait.

» Mascarille. — Ce rubaa est bien choisi.

» Madelon. — Furiousementbien. C'est Perdrigeon toutpur.

» Masgarille. — Que dites-vous de mes canons?

» Madelon. —r lis ont tout à fait bon air.

» Masgarille. — Je puis me vanter au moins qu'ils ont un grand quartier de plus que tous ceux qu'on fait.

» Madelon. — Il faut avouer que je n'ai jamais vu porter si haut Télégance de l'ajustement.

» xMascarille. — Attachez un peu sur ces gants la réflexion de votre odorat.

» Madelon. — Ils sentent terriblement bon.

» Cathos. — Je n'ai jamais respiré une odeur mieux conditionnée.

ji Masgarille. — Et celle-là (il donne à sentir les cheveux poudrés de sa perruque).

]> Madelon. — Elle est tout à fait de qualité; le sublime en est louché délicieusement.

«'Masgarille. — Vous ne^dites rien de mes plumes! comment les trouvez-vous?

i> Cathos. — Effroyablement belles.

» Masgarille. — Savez- vous que le brin me coûte un louis d'or? Pour moi, j'ai cette manie de vouloir donner généralement sur ce qu'il y a de plus beau *. »

Molière n'était pas seulement l'auteur de la pièce. Il en était encore un des principaux et des meilleurs acteurs. Il ne se contentait pas de cette satire faite en propos assez vifs. Il y joignait une autre sorte de satire qui parlait aux yeux, et rendait plus sensible raSectation qu'il voulait combattre. Son costume était aussi comique que pouvaient l'être 9cs paroles. Les contemporains en furent frappés, et un témoin oculaire, madame de Vill>>dieu (mademoiselle Desjardins) nous a décrit toutlo plaisant équipage du pétulant marquis. — « Imaginezvous donc que sa perruque était si grande qu'elle balayait la

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