‹ Les Français du XVIIe siècleChapitre 47 sur 108 · Mémoires du duc de Saint-Simon, t. Hf, p · texte numérisé non relu

Mémoires du duc de Saint-Simon, t. Hf, p

miné par toutes les voies de la mortification et du renoncement. 11 est vrai qu'une assemblée d'évêques instruits de Ja sorte aurait répudié la maxime de ces assemblées gallicanes: a Qu'il faut céder au plus fort. »

Tel était, par exemple, cet intraitable Pavillon, évèque d'Aleth. Ce n'était, suivant le langage des courtisans, « qu'un évêque de village » ; mais d'une telle constance dans ce qu'il croyait son devoir, d'une rigidité si ineonnue alors, qu'à propos d'une lettre de cet homme au sujet de Tafifaire de la régale, le chancelier Séguier disait tout haut que « Monsieur d'Aleth avait voulu cracher au nez du roi •. Pasteur d'une contrée sauvage, il se consacra tout entier à remettre l'ordre dans un clergé déréglé, à désarmer des gentilshommes violents, à instruire des populations ignorantes. Celte austère vertu forçait à l'admiralion un railleur comme Tallemant. « M. Pavillon, disaitil, n'a ni cheval, ni mul»^, et donne tout son revenu aux pauvres. Il apaise les querelles, il court après les gentilshommes qui courent la campagne. Ce n'est point un cagot. Un seigneur de son diocèse, homme de cœur, se voulait retirer du monde : gardez-vous-en bien, lui dit-il, vous êtes utile au monde; vous y donnerez bon exemple, vous apaiserez les (luerelles; et, en effet, il l'y fit demeurer ». Ses biographies nous le représentent traversant l'Aude entre d'affreux rochers sur une planche étroite et fragile pour visiter un malade. Comme l'ecclésiastique qui l'accompagnait le priait de lui remettre le saint sacrement pour en être plus libre au passage : <k Je le garde, lui dit-il, ce sera mon soutien. » Elles nous disent encore qu'il avait pour maxime « qu'un évêque est le soleil de son diocèse et doit en éclairer et en chauffer tous les endroits^ ».

Ne croyez pas que la foule fût insensible à ce genre de

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