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4enu par le curé de Saint-Sulpice qui» refusant Tabsolution à •M. de Liancourty parce qu'on disait qu'il ne croyait pas que les cinq propositions fussent dans Jansénius, et qu'il avait dans sa maison des hérétiques, suscita de nouvelles tempêtes dans l'Église. Gardiens vigilants de la bonne doctrine, ils étaient comme des sentinelles à des postes avancés. C'étaient eux qui poussaient le cri d'alarme à l'apparition des erreurs : ils en avertissaient leurs évêques,ils mettaient en garde leurs paroissiens contre les dangers qui les menaçaient. Leurs sermons, en moins de rien, ont donné l'éveil : c'est un tocsin qui vibre dans chaque paroisse. Des relations nombreuses, des fonctions devenues civiles aujourd'hui, des devoirs multipliés rattachaient par des liens étroits les paroissiens à leur curé« On s'affectionnait à lui parce qu'on le voyait présent à toutes les heures de la vie. Il pénétrait pour ainsi dire à tous les foyers* Sa parole, qui servait chaque dimanche de truchement aux nécessités de l'État, qui publiait les édits^ les ordonnances et les arrêts, avait alors un bien autre domaine qu'aujourd'hui. Elle ne restait pas, comme de nos jours, enfermée dans l'explication des dogmes et de la morale chrétienne. Elle avait prise sur les auditeurs par les intérêts administratifs : c'était une espèce de Bulletin des lois vivant. Nous savons aussi par des témoignages du temps combien il était délicat de toucher aux droits des curés, combien difiScile de les changer de paroisse. Le mécontentement allait jusqu'à la sédition, jusqu'à l'émeute.
Merlin était curé de Saint-Eustache; un prêtre nommé Poucet, s'autorisant de Vindult * du chancelier, prétendit le remplacer dans sa cure : la paroisse fut bientôt sur pied. Les
1 . Vindult était un drgit particulier qu^avaient le chancelier de France et les membres du Parlement de Paris de réclamer, sur un évéché ou sur une abbaye, le premier bénéfice vacant. François I*' avait obtenu du pape ce privilège.
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harengères des Halles députèrent à la reine sur ce sujet, et celle qui porta la parole dit pour toutes raisons que« les Merlin avaient élé leurs curés de père en fils ». Le 30 mai 1644, les soupçons et les plaintes éclatèrent de plus belle et finirent par une sédition de femmes. « J'appris, dit Olivier d'Ormesson *, que pendant la messe de M. Merlin, les femmes ayant remarqué quelques hommes ensemble, crurent que c'était pour enlever leur curé, et chassèrent ces hommes, les battant jusqu'à la porte de M. le chancelier. Le suisse sortit avec sa hallebarde, mais il fut obligé de se sauver dans une maison, et y fut assiégé* L'on vint à son secours et Ton tira quelques coups. Cela mit tellement le peuple en furie que les femmes montèrent au clocher sonner le tocsin ; elles faisaient corps de garde et à tous ceux qui passaient elles demandaient: Qui vive? Il fallait dire : Merlin, ou Ton était battu. Enfin, la reine fut obligée d'envoyer dire aux paroissiens par M. Tubœuf qu'ils auraient M. Merlin pour curé. Après cela ils chantèrent un Te Deum et crièrent : Vivent le roi, la reine et M. Merlin ! Le soir, ils firent des feux de joie par toutes les rues, même les personnes de distinction. Les discours des harengères étaient plaisants. Elles disaient que M. Poucet était Vadullêre de madame la chancelière, ayant ouï dire qu'il était indultaire. L'injure des Halles était Puncet. » L'année suivaute (8 juin 1643), nouveaux désordres au faubourg Saint-Germain pour le curé de Saint-Sulpice. M. Ollier avait obtenu de Fiesque, ancien curé de cette paroisse, la cession de ses droits moyennant d'autres bénéfices. Quatre ans s'étaient déjà écoulés. Fiesque prétendit qu'il ne jouissait pas des bénéfices échangés et voulut rentrer dans sa cure. De là, procès. En conséquence d'une sentence donnée par défaut contre M. Ollier, un huissier accompagné du peuple avait chassé le nouveau curé et rétabli l'ancien. Celui-ci vit le prince