‹ Les Français du XVIIe siècleChapitre 9 sur 108 · Molière, èdit. de M. Moland, 1. 1*% introdactioD · texte numérisé non relu

Molière, èdit. de M. Moland, 1. 1*% introdactioD

LES GRANDS i5

voulait en venir de Villiers avec sa feinte compassion. Les malheurs qu'il craignait, il les appelait sur la tête de Molière. C'était les provoquer que de les prévoir.

La haine rend ingénieux ; aussi Tauteur de Zélinde Tait-il une autre pièce qu'il intitule la Vengeance du marquis, Uutre les injures grossières qu*il adresse à son ennemi, il s'applique à piquer plus au vif ceux dont il attend quelque violente incartade. Il prend les marquis de toutes les manières; tantôt il leur reproche « de se laisser traiter de valets, sur le théâtre, à la vue de tout le monde », tantôt il leur fait craindre qu'ils n'en soient mésestimés par les femmes, et qu'on ne refuse désormais d'accepter leur union : a II y avoit auprès de nous une jeune fille qui disoit que Ton vouloit lui faire épouser un marquis; mais que depuis qu'elle les avoit vu jouer, elle n'en vouloit point. » Vains ett'orts, peines perdues! Une protection plus haute couvrait le poète ; et son zoïle en était réduit à reconnaître que dr tout ce que l'on escrit contre luy ne sert qu'à faire voir qu'il triomphe * ».

1. Tandis que de Villiers cherchait à le rendre odieux, A.-J. deMontfleury, fils de Tacteur, travaillait à le rendre ridicule. Dans V Impromptu de Vhôtel de Condé joué à Thôtel de Bourgogne, en 1664, on présentait cette caricature de Molière jouant la tragédie. Un personnage nommé Âlcidon s'exprime ainsi :

n est vrai qu'il récite avecque beaucoup d'art ; Témoin, dedans Pompée, alors quMl fait César. Madame, avez-vous vu dans ces tapisseries.

Ces héros de roman?

Page 1