‹ Les français en AlgérieChapitre 19 sur 29 · CULTE PROTESTANT · texte numérisé non relu

CULTE PROTESTANT

On lit dans les documents publiés en 1840 par le ministre de la guerre, que l’organisation du culte protestant en Algérie était depuis longtemps l’objet delà sollicitude du gouvernement , lorsque enfin « le département de la « guerre a arrêté, de concert avec celui de la justice, les « bases de cette organisation , qui devait suivre celle du « culte catholique, et qui répond à des besoins qu’il était « également important de satisfaire. » Les documents publient en même temps l’ordonnance suivante, qui est, disent-ils, en pleine voie d’exécution :

ORDONNANCE ROYALE DU 30 OCTOBRE 1839 SUR L’ORGANISATION DU CULTE PROTESTANT DANS L’ALGÉRIE.

Article premier. — Il y aura à Alger une église consistoriale pour le culte protestant. Le consistoire sera composé d’un pasteur et de douze anciens. Le pasteur présidera le consistoire.

Art. 2. — Les anciens seront nommés, pour la première fois, par le gouverneur général, et choisis parmi les notables protestants domiciliés à Alger.

Dans la suite, il seront nommés et renouvelés conformément à la loi du 18 germinal an x.

Art. 3. — 11 pourra être établi, par ordonnances royales, des oratoires du culte protestant sur les différents points de l’Algérie

où la nécessité s’en ferait sentir : des pasteurs auxiliaires du consistoire d’Alger seront attachés à ces oratoires.

Art. 4. — Le traitement du pasteur d’Alger est fixé a trois mille francs. Celui des pasteurs auxiliaires sera de quinze cents francs.

Ces traitements seront payés sur les fonds du département de la guerre.

Art. 3. — Le pasteur d’Alger et les pasteurs auxiliaires seront élus dans les formes ordinaires par le consistoire, et leur élection confirmée par nous, s’il y a lieu, sur la proposition de notre garde des sceaux, ministre secrétaire d’État de la justice et des cultes, qui devra se concerter préalablement avec notre ministre secrétaire d’État de la guerre.

Art. 6. — Notre ministre secrétaire d’État de la guerre et notre garde des sceaux, ministre de la justice et des cultes, sont chargés, chacun en ce qui le concerne, de l’exécution de la présente ordonnance.

Nous ignorons si le protestantisme , à Alger, est luthérien, calviniste, anglican, socinien, ou s’il n'est rien de tout cela, ou s’il est à la fois tout cela. L’avis suivant, publié dans les journaux , semble indiquer que le clergé protestant éprouve quelque peine à se recruter.

A M. le Rédacteur du journal l’Esperance.

Alger, le 11 avril 18W.

« Monsieur le Rédacteur ,

« Veuillez, je vous prie, avoir la bonté d’annoncer, « dans votre plus prochain numéro, qu’il doit être « pourvu, dans l’église consistoriale de l’Algérie, à deux « places de pasteurs pour les oratoires d’Oran et de Phi- « lippeville, la première vacante par la rentrée en France « de M. le pasteur Hoffmann, et la seconde créée par or- « donnance rovale à la date du 10 février dernier,

« Les émoluments sont de deux mille francs; l’indem- '< nité de logement pour le pasteur d’Oran est de six cents « francs; celle du pasteur de Philippeville n’est pas ente core réglée ; elle sera probablement fixée à la même « somme. Peut-être quelques hectares de terre leur seti ront-ils accordés à l’un et à l’autre, comme ils ont été « accordés au pasteur de Dely-Ibrahim ; mais le consiste toire ne garantit rien à cet égard.

t< Les fonctions du ministère ne seront ni très-multi- « pliées ni très-pénibles, la population protestante étant « renfermée dans l’enceinte de ces deux villes, et n’étant « pas encore considérable; mais des villages projetés dans « le voisinage de l’une et de l’autre localité appelleront plus « tard des efforts plus soutenus et des visites fréquentes « dans les campagnes. Le séjour d’Oran est agréable, le « climat en est très- sain. Quoiqu’elle ne renferme dans « ses murs que quelques milliers d’habitants, cette ville « peut offrir au pasteur tous les avantages d’une cité con- « sidérable. Philippeville est une création tout euro- « péenne, qui a six ans d’existence et une population de « quatre mille âmes ; le climat, sans être aussi sain que O celui d’Oran , n’est point mauvais; d’ailleurs il s’amé- « liore tous les jours d’une manière très- sensible , et « l’on n’aura bientôt plus rien à redouter de la fièvre, « qui, dans les deux premières années, avait fait d’assez « grands ravages.

« Il est à désirer que les candidats qui se présenteront « soient jeunes , mariés depuis peu, ou du moins qu’ils « n’aient pas une famille nombreuse, qu’ils ne soient « pas étrangers aux fonctions de l’enseignement, et « qu’ils connaissent la langue allemande, les Alsaciens « et les Wurtembourgeois étant en assez grand nombre

« dans ces deux églises : toutefois le consistoire n’en « fait point une condition.

« Toutes les lettres de présentation doivent être affran- « chies et adressées à M. le pasteur Sautter, président « du consistoire général.

« Agréez, monsieur le Rédacteur, mes sentiments de « haute considération.

« Le président du consistoire , pour le consistoire et en son nom ,

« S. Sautter. »

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